Bonsoir, ma soeur est mariée et a un enfant. Depuis une année elle a des disputes, et s'est réfugiée une fois chez ma mère en pleurant avec son fils. Son mari l'empêche de voir ses amies, de sortir et depuis peu de téléphoner. Elle a dépensé tout son argent sur son compte épargne tandis qu'il a réussi à épargner 20 000 CHFrs. Si elle lui demande de participer aux frais, il la rabaisse et lui dit qu'elle a bien de la chance d'avoir un mari qui lui paie tout pendant qu'elle fait rien à la maison. Elle le dit manipulateur (qu'on ne le connait pas comme elle le connaît). Elle s'est hier de nouveau réfugiée chez ma mère en disant "qu'elle voulait se tuer". Elle est retournée parce que son fils pleurait pour rentrer. Ils doivent se rendre mardi chez un médiateur. J'ai peur qu'elle n'ait pas été conseillée et qu'elle ne sait pas qu'elle est victime de violence et que lors de cette rencontre elle n'ose pas s'exprimer à cause de l'ascendant psychologique qu'il a sur elle. Que doit-elle faire et qui doit elle contacter? Merci Meilleures salutations
Bonjour,
Tout d'abord, veuillez nous excuser pour notre retard dans notre réponse. Nous entendons dans votre message, l’inquiétude qui vous anime; légitime puisque vous êtes témoin d’une situation difficile. Face à la profonde souffrance de votre sœur, nous comprenons que vous cherchiez des conseils et des informations pour lui venir en aide et lui apporter un soutien concret face à ce qu’elle vit.
Dans votre message, vous nous faites part de la violence psychologique et économique dont votre sœur est victime. La violence est une prise de contrôle sur l’autre et telle est bien la visée des comportements de son conjoint. Votre présence et votre soutien, ainsi que celui de votre maman, chez qui elle s’est réfugiée à deux reprises, sont une ressource précieuse dans ce contexte où l’isolement est de mise (l’empêche de voir ses amies, sortir, la met en difficulté financièrement). En effet, l’isolement est une conséquence directe de la violence.
Généralement, dans les situations de violence au sein du couple, nous assistons à une escalade la violence, ce que vous nous rapportez lorsque vous nous dites par exemple, que depuis peu, votre sœur ne peut plus téléphoner. Il est donc important, de pouvoir stopper au plus vite ce cycle avec l’aide de professionnel-le-s. Le chemin est long et périlleux mais la violence n’est pas une fatalité.
Nous imaginons combien les mots de votre sœur ont pu être durs à entendre, et vous avez raison de les prendre au sérieux. En nous demandant des adresses utiles, vous ne banalisez pas sa souffrance et posez des jalons, susceptibles de l’aider ensuite à trouver des solutions, pour elle mais aussi son fils qui est lui-même affecté par la détresse de sa maman (cliquez sur ce lien pour en savoir plus sur les effets de la violence sur les enfants).
Pour qu’elle puisse se considérer comme une victime et progressivement sortir de l’emprise (« ascendant psychologique »), elle a besoin, vous avez raison, d’être conseillée. Il est, en effet, possible que lors de sa rencontre avec le médiateur, elle n'ait pas été en mesure de s’exprimer, avez-vous pu parler avec elle de cette séance ? A-t-elle pu être entendue ? Si ce n’est pas le cas, ce n’est pas trop tard pour en parler avec des professionnel-le-s dans un autre cadre.
Nous vous encourageons donc, dans un premier temps, à communiquer à votre sœur l’adresse de notre site pour qu’elle puisse s’informer mais aussi, si elle le désire, poser directement ses questions de manière anonyme. Il faut parfois du temps avant qu’une personne victime soit en mesure de trouver la force et le courage pour faire appel à des professionnel-le-s. Mais savoir que vous êtes là, disposée à l’accompagner, à son rythme, dans les démarches lorsqu’elle s’en sentira prête, constituera pour votre sœur, nous en sommes convaincu-e-s, un soutien important. Elle a besoin de continuer à se sentir entourée par sa famille.
Néanmoins, nous imaginons que vous pouvez vous sentir, vous-même, dépassée par la situation, notamment si vous êtes sont seul recours. Nous vous encourageons donc à prendre soin de vous et à communiquer à votre sœur le numéro dans le canton de Fribourg de Solidarité Femmes qui propose des consultations gratuites pour les victimes de violence conjugale. Elle y sera bien accueillie par les professionnelles qui lui apporteront écoute, soutien et conseil. De votre côté, vous avez également la possibilité de prendre contact avec ce service pour plus de renseignements.
En la renseignant, en la soutenant, et en vous montrant sensible à ce qu’elle vit, comme vous le faites, vous lui offrez une aide importante et, savoir qu’elle peut se réfugier chez votre maman en cas de besoin est une ressource précieuse. Si vous le pouvez, continuez donc à lui signifier qu’elle peut compter sur votre soutien.
Nous vous envoyons toutes nos meilleures pensées. N’hésitez pas à nous recontacter si vous avez d’autres questions. Courage!
Bonjour Didou, Après à une relation de douze ans, votre compagnon vous quitte précipitamment et vous laisse dans des difficultés...
Bonjour Madame Vous nous expliquez avec beaucoup de courage ce qui vous fait souffrir dans votre relation de couple : votre...
Bonjour Monsieur, Nous vous remercions pour votre question. En vous lisant, nous comprenons que suite à la découverte...