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Perguntas e respostas

Mon mari a eu une attitude violente envers moi, j'ai le sentiment de sacrifier une partie de moi-même et de ma vie en supportant cette situation.

Pergunta
13 Août 2009 - old...

Bonjour, Je suis mariée avec un homme depuis un peu plus d'un an. Je décide aujourd'hui de vous écrire car quelques heures auparavant, mon mari a eu une attitude violente envers moi. Comme ce n'était pas arrivé depuis quelques mois, je pensais que c'était terminé mais je dois me rendre à l'évidence. Je suis rentrée à la maison, j'ai vu qu'il était énervé mais il a nié. Il m'a ensuite appelée pour l'aider à écrire une lettre et quand je me suis approchée du clavier pour corriger une faute, il m'a repoussée agressivement. Je suis sortie de la pièce en lui disant qu'il n'avait pas à me repousser alors que je l'aidais. Il s'est énervé, à lancé quelque chose et m'a traitée de connasse. Choquée par sa réaction que je trouvais démesurée, j'ai eu un petit rire nerveux, ce qui l'a mis hors de lui. Il est parti au travail dans un état de fureur en disant que sa femme était vraiment une connasse et qu'un jour il me pèterait la gueule. Une heure plus tard, il m'a écrit un message pour me dire que ce n'était pas de ma faute mais que je l'avais mis hors de lui. Je reconnais que le fait d'avoir ces petits rires nerveux empire les choses mais je ne peux pas le contrôler. De plus, je ne ris jamais lorsque l'on a une dispute qui se passe dans des conditions décentes. Ce petit rire arrive lorsqu'il se met dans des états de colère que je trouve démesurés par rapport à l'objet de la dispute et qu'il m'insulte, casse des objets, tape dans les portes. Du coup, il me tient pour responsable, c'est moi qui attise sa colère. Il fait parfois de petites réflexions devant mes amis qui m'humilient mais quand je lui en parle, il n'entend pas et me dit que je ne supporte rien et que ce n'est pas de l'humiliation. Je pleure aussi souvent lorsqu'il est agressif, violent ou méprisant et il se fout de moi en disant "ben vas-y, chiale, comme d'habitude, tu chiales tout le temps, etc". Quand je sens la colère monter en moi lors de disputes, j'ai besoin de partir et d'en reparler une fois calmée, mais il ne me laisse jamais franchir la porte. Soit il la ferme, soit il s'interpose et me maintient. Il m'est aussi arrivé de péter les plombs dans ces situations. J'ai eu peur de lui à plusieurs reprises, je me suis même une fois enfermée dans une pièce, j'étais tétanisée, j'avais peur qu'il pète la porte et s'en prenne à moi. Il ne m'a jamais frappée, mais il m'a lancé des objets dessus et il a levé la main sur moi. Je ne pense pas qu'il me taperait mais il me menace. Ce qui est le plus perturbant pour moi c'est que ces comportements contrastent totalement avec l'autre face de sa personnalité. On s'aime énormément, on se répète toujours qu'on a de la chance de s'être rencontrés, etc. Et il n'a pas toujours été comme ça. Cela dure depuis un peu plus d'une année, avec des périodes très dures et d'autres très belles. Je me dis aussi tout le temps que ca ira mieux lorsqu'il entamera une formation, qu'il aura un cercle d'amis, qu'il reverra ses proches, etc. Il me laisse toute la liberté dont j'ai besoin, il me soutient, m'encourage mais il a parfois ces accès de colère qui le métamorphosent. Au fond de moi, je ne sais plus quoi penser ni quoi faire. Je suis très fière et je suis incapable d'en parler autour de moi tellement je ne supporterais pas l'idée de montrer au grand jour cette situation et qu'on dise "oh la pauvre", "ils n'auraient pas dû se marier si vite" ou qu'on juge mon mari, mon amour. Je me sens très seule et perdue, j'ai déjà un peu perdu confiance en moi, je le lui dis mais rien ne change. J'ai un peu perdu la joie de vivre, des membres de ma famille trouvent que j'ai changé, que je m'écrase devant lui. De plus, je lui ai déjà dit que parfois j'ai envie de partir, il m'a déjà répondu que je suis la seule personne importante dans sa vie, qu'il n'a que moi. Je porte le poids de la culpabilité. J'ai aussi un peu le sentiment de sacrifier une partie de moi et de ma vie. Merci d'avoir lu mon long témoignage et je compte sur vous pour m'apporter des éclairages sur ma situation.

Resposta
20-08-2009

Bonjour Madame,

Vous avez bien fait de nous écrire, vous dites que vous n’osez pas en parler à votre entourage, de peur d’être prise en pitié ou que votre mari soit jugé. Ce lieu est en effet là pour vous permettre de vous exprimer sans peur, sans honte, sans jugement.
 
L’attitude violente de votre mari à votre égard, telle que vous la décrivez, nous évoque très clairement  le risque accru d’une relation difficile et malsaine à long terme.
 
Nous aimerions tout d'abord attirer votre attention sur la spirale de la violence, sur les pièges de cette violence.  Nous pouvons faire le parallèle assez précisément entre cette description et la vôtre. Vous dites que votre conjoint, avec qui vous être mariée depuis un peu plus d’un an, a déjà eu des accès de violence quelques mois auparavant. Selon votre récit, vous avez déjà fait de nombreuses expériences de violence et vous précisez que vous avez eu peur à plusieurs reprises. Nous ne pouvons exclure que votre mari mette à exécution ses menaces, le danger est réel. Pour l’instant la violence est d’ordre plutôt psychologique mais pourrait s’associer encore à d’autres formes de violences.
 
Nous constatons à travers à votre message que les effets connus de la violence conjugale ont déjà un impact important sur votre personne. Nous aimerions vous encourager à vous centrer sur ces sentiments si bien décrits lorsque vous dites que vous vous avez un peu le sentiment de sacrifier une partie de vous et de votre vie. Vous avez déjà un peu perdu confiance en vous, perdu un peu la joie de vivre.
 
Ne laissez pas envahir votre vie par ces violences, vous n’êtes pas responsable de l’état psychologique de votre mari. Si il n’a pas d’amis, pas de formation, qu’il ne voit plus ses proches, il doit certainement avoir des problèmes qui ne sont pas de votre responsabilité. Il peut faire en sorte d’améliorer sa situation mais ce n’est pas à vous d’assumer cette situation à travers sa violence qui traduit, certes, un grand malaise.
 
Nous comprenons que vous soyez tentée de penser que les choses pourraient s’améliorer, d’autant plus que vous aimez votre mari. Mais au fond de vous, est-ce que vraiment, vous y croyez ?  Et l’amour dont vous parlez, que représente-t-il véritablement au fond de vous ? Vous dites qu’il a deux faces dans sa personnalité, mais le problème va persister, vous n’avez à faire qu’à une seule et même personne, vous ne pouvez le dissocier et la violence est bien présente.
 
Vous lui avez déjà fait part de votre envie de partir et il vous a répondu qu’il n’avait que vous, c’est malheureusement un argument de peu de valeur car il a pour effet de vous culpabiliser. Et si vous êtes une personne si chère à sa vie, pour quelle raisons vous traite-t-il ainsi ? Ne devrait-il pas vous démontrer son amour en vous chérissant, en vous respectant?  Est-ce vraiment une chance de vous être rencontrés ?
 
Jusqu’où pensez-vous supporter la situation ? Quels gains obtenez-vous dans cette relation, sinon l’image d’un parfait bonheur aux yeux des autres ? Et ces gains sont-ils plus importants que les déboires causés par la violence? 
 
Nous vous encourageons à vous posez ces questions même si elles sont difficiles. Vous pourriez demander l’aide d’un-e psychologue si vous en ressentez le besoin.
 
Nous espérons ainsi que nous aurons pu apporter l’éclairage que vous souhaitiez.
Nous répondons encore volontiers à vos questions, n’hésitez pas à nous contacter.
 
Avec nos meilleures salutations.

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