Bonjour ! Je vous remercie de votre réponse à ma question du 13 février et oui, vous pouvez publier l'ensemble sur votre site, si vous penser que cela peut aider une autre victime de violence, de même que le message ci-dessous. J'ai lu le livre "Femmes sous emprise" que vous m'avez conseillé et qui explique une bonne partie de la violence dite conjugale. Cependant, je reste sur ma faim: probablement que j'aimerais bien que ce livre explique ce qui m'est arrivé à moi personnellement, et pourquoi l'homme que j'ai épousé s'est transformé peu à peu en un homme violent psychologiquement, détruisant tout en moi et m'obligeant maintenant à définitivement me séparer de lui pour me reconstruire... En lisant les autres questions et réponses sur le site ainsi que le forum de discussion, je reste tout de même effarée : toutes ces femmes qui tentent et arrivent à échapper à la violence de leur conjoint, c'est vraiment impressionnant. Par contre, ces messieurs sont relâchés dans la nature et partent en chasse d'une nouvelle victime, comme on le lit dans les messages de femmes qui racontent avoir renconté leur nouveau future bourreau qui était "séparé de son ancienne femme qui ne le comprenait pas"! Ils n'acceptent pas de se remettre en cause et d'entamer une thérapie et ils recommencent chaque fois leur cycle de violence avec une autre...Comment faire pour obliger ces hommes à suivre des traitements ? Comment empêcher d'autres femmes de devenir leur victimes ? Et puis, pour nous qui nous en sommes libérées ou sommes en voie de le faire, comment croire qu'il puisse exister un homme disponible qui ne soit pas l'un d'entre eux, seul simplement parce que leur victime leur a enfin échappé ? Vu mon âge (48 ans), faut-il désormais que je me méfie de tous les hommes séparés ou divorcés qui s'approcheraient de moi ? Car j'imagine bien que ceux qui sont non violents, respectueux et ouverts à une relation harmonieuse restent en couple, eux ! je me demande donc, et c'est un peu la question que je vous pose, si les femmes ne restent justement pas si longtemps avec un conjoint violent, sans réagir et en se laisant "brimer" justement parcequ'elles ont peur de les quitter pour retomber sur un autre du même accabit. Finalement, le danger qu'on connaît fait moins peur que le danger inconnu, non ? Je suis donc maintenant en procédure de séparation, mon futur ex-mari joue devant la médiatrice le rôle du mari idéal, il est d'accord avec tout, il est toujours prêt à la discussion, rien ne lui l'a jamais dérangé dans notre relation (contrairement à moi, bien sûr, l'éternelle insatisfaite !) au point que l'autre jour j'ai fini par lâcher que je ne comprenais pas pourquoi on divorçait puisqu'il n'y avait jamais aucun problème pour lui ! Votre site m'aide bien. Grâce à vos explications, je me suis rendue compte que mon futur ex est dans la phase "lune de miel" qu'il applique en ce moment à la procédure de médiation. Si je ne l'avais pas su par votre site, peut-être que je me serais réatractée et aurais pensé à une réconcilliation possible. Mais je m'accorche à ce que je crois être le meilleur pour moi et mes enfants, même si c'est très dur et très angoissant par rapport à l'avenir. Alors quand j'ai l'impression de ne plus pouvoir continuer de me battre, je viens sur votre site pour y refaire un "plein" de courage en lisant les témoignages des autre femmes et les encouragements que vous prodiguez. Encore merci à vous.
Bonjour Carapatte,
Nous sommes très content-e-s que notre réponse vous ait apporté des éclairages utiles pour une situation bien complexe et douloureuse à vivre.
Un autre livre pourrait vous intéresser et vous donner d'autres éléments en lien avec votre questionnement. C'est celui de Liliane Daligand, "Violences conjugales en guise d'amour", qui retrace et commente des témoignages de personnes concernées, victimes et auteurs (ces témoignages ont d'ailleurs fait l'objet d'un film du même nom, réalisé en 2004 et déjà passé plusieurs fois à la TV autant en France qu'en Suisse). Mais personne ne pourra vous expliquer de façon satisfaisante ce qui vous est arrivé à vous personnellement. Comme Cyrulnik le dit très justement dans son dernier livre, c'est le sens que chacun donne à son histoire que importe et qui fait oeuvre de reconstruction. Il n'y a pas de vérité absolue en la matière. Ce sont vos perceptions et votre propre vérité qui comptent le plus.
Vous demandez comment faire pour obliger les hommes violents à suivre un traitement. La justice peut les y contraindre et le fait de plus en plus. Mais il faut pour cela porter plainte et la violence psychologique n'est pas encore qualifiée de délit pénal, à part les insultes et les menaces. Les formes plus subtiles de violence commes les manipulations, humiliations et destructions psychologiques sont très difficiles à qualifier et à prouver et restent donc encore aujourd'hui particulièrement impunies. La fuite est alors souvent la meilleure stratégie pour s'en sortir.
Vous êtes inquiète quant à une éventuelle future relation avec un homme séparé ou divorcé, qui pourrait l'être à cause de sa violence. Vous avez raison d'être attentive et prudente et nous ne pouvons que vous encourager à bien vous écouter pour identifier toute forme de malaise dès le début d'une future relation. Il y a encore de nombreux hommes tout à fait respectueux et disponibles sur cette terre, les hommes violents ne représentent qu'une minorité heureusement. Votre meilleur guide sera votre expérience et vos propres ressentis. Vous serez sans aucun doute capable d'identifier les signaux d'alarme que vous n'arriviez pas à voir clairement précédemment. Ecoutez-vous et vous saurez reconnaître le danger au besoin. La confiance n'est pas quelque chose que l'on peut engager aveuglément. Ne soyez pas méfiante avec tout le monde mais suffisamment prudente pour vérifier la valeur d'une personne avant de vous engager plus profondément dans une relation, amoureuse ou amicale d'ailleurs.
Un bon test pour évaluer si une personne est digne de confiance ou non, c'est de lui dire "non", pour quelque chose d'anodin (ou de plus conséquent) et de voir sa réaction. Réagir par la colère, le mépris, les insultes, la menace ou la pression à une frustration, même minime, est un mauvais signe. le respect se vérifie dans de tous petits actes autant que dans les grandes décisions de la vie.
C'est vrai que l'inconnu fait davantage peur que le connu. Et c'est sans doute une des raisons qui poussent les femmes à rester avec leur partenaire, même si la violence est présente. Vous avez eu le courage de partir et de chercher le chemin d'une vie digne et dans le respect. Vous n'êtes pas toute seule sur cette route, de nombreuses femmes sont engagées sur une route parallèle. Gardez votre courage et votre énergie pour vous et pour vos enfants et continuez à vous protéger de nouvelles pressions et manipulations.
Si l'angoisse est trop forte, n'oubliez pas que vous pouvez chercher de l'aide auprès de professionnels spécialisés, que ce soit auprès de Solidarité Femmes ou de psychothérapeutes privés. Un soutien est souvent très utile pour voir plus clair dans sa situation et pour continuer d'avancer.
Nous sommes de tout coeur avec vous et vous souhaitons de belles années de découvertes et de rencontres respectueuses.
Bonjour Madame, Vous nous écrivez car vous êtes victime de violence conjugale, physique et morale. Vous nous demandez comment vous...
Bonjour Monsieur, Nous vous félicitons pour votre démarche qui est un premier et grand pas dans la recherche de solutions par...
Bonjour Madame, Vous aimeriez en savoir plus sur la culpabilité et les limites de comportements de protection pour les victimes...