Bonjour, Encore merci pour vos réponses. J'ai donc annoncé à mon mari que je le quittais. Les premiers jours ont été très durs et on s'est déchirés. Puis on a réussi a s'entendre pour le bien des enfants et je crois aussi, pour retrouver notre paix intérieure et garder un lien afin d'adoucir notre séparation sur le temps. Nous avons convenu d'une séparation de corp à l'amiable, sur la base d'une convention validée par un juge. J'ai tellement d'angoisses liées à mon âge (40), le travail à retrouver, nos wagons de dettes à payer à deux, l'appartement à trouver, le chien a garder, réussir à tout payer, à aller déposer et chercher les enfants dans les temps, l'aide que l'Hospice voudra bien me donner ou non... c'est très dur. Du coup, il est dans une bonne période et me soutient un peu ! Devrais-je expliquer ce qu'il nous est arrivé au Juge, au service de protection de la jeunesse, à l'Hospice Genéral ? J'ai peur de raconter tout ça, car je n'ai pas envie de me facher avec lui, de le couper de ses enfants qui ont besoin de lui aussi. Je l'ai menacé en lui disant que si cela se reproduisait, je saisirai la justice et je le ferai s'il le faut. Mais il fait très attention à son comportement avec les enfants désormais. J'ai peur de me retrouver seule pour les élever, car en somme, il m'a promis de s'en occuper aussi, avec sa mère, afin de me soulager... Mais je ne peux pas ne rien dire non plus, car en somme, je le fais pour les protéger et si un jour il faut que j'alèrte un Juge, il me sera reproché de n'avoir rien signalé. On a convenu que s'il sentait sa tension nerveuse monter, il me ramenait les enfants. On a convenu aussi qu'il n'aurait pas les trois enfants en même temps, à moins que sa mère ne soit là pour s'en occuper avec lui. Il a bien réalisé son manque de patience avec eux en parlant avec des collègues et en comparant leurs histoires de vie. Comment vais-je m'en sortir avec un travail à plein temps, trois enfants à éduquer, le linge, les devoirs, les activités,les sorties du chien ? Qui voudra employer une mère de trois enfants en sachant qu'elle aura des absences et des soucis prioritaires ? Comment expliquerai-je à mes enfants que maman ne peut pas leur payer de vacances ou de cadeaux et qu'ils doivent porter les habits du copain que l'on m'aura donné ? Comment accepter qu'ils ne partent en vacances qu'avec la belle-mère qui s'est donné tant de mal pour me dénigrer ? Comment dois-je aborder cette arrivée à Genève et ce que je vais raconter ? Pouvez-vous me conseiller svp ? Pour le suivi psychologique de mon fils de 7 ans, où me conseillez-vous d'aller ? à la Guidance infantile, dans les associations dont vous faites mention ? Avec une assurance de base, ces soins seront-ils couverts ? Bein voilà ! Je vous ai tout dit ! J'men vais prendre mon anxiolitique !!!! Merci de votre patience et j'attendrai avec beaucoup d'impatience votre réponse qui aura une grande valeur pour moi, mes choix et notre vie future. Encore mille mercis et meilleures salutations.
Bonjour Opale,
Vous avez déjà fait un grand chemin depuis votre premier message et pris des décisions importantes. Vous avez surtout pris la décision de protéger vos enfants des crises de colère et de la violence de leur père et personne ne vous le reprochera, au contraire. Vous avez tout à fait raison de dire clairement à votre mari que vous le dénoncerez à la justice si besoin car la peur des sanctions est un frein important pour les personnes qui ont du mal à gérer leur colère.
Vous nous demandez si vous aurez à raconter tout ce qui s'est passé au juge lors de votre séparation. Sachez tout d'abord que la séparation sera assortie de mesures protectrices de l'union conjugale car le juge devra régler la question de la garde des enfants et des pensions pour eux. Leur père sera obligé de vous aider à subvenir à leurs besoins, même si c'est vous qui obtenez leur garde. Ceci devrait vous rassurer en partie quant à vos soucis financiers bien légitimes. Si vous arrivez à vous entendre et à établir une convention à l'amiable avant d'aller voir un juge, vous n'aurez pas besoin de raconter tout ce qui s'est passé car une demande de séparation n'a pas besoin d'être justifiée si les deux partenaires sont d'accord. Nous vous conseillons toutefois de vous faire aider par un ou une avocat-e pour établir cette convention et vous aider à défendre correctement vos droits et ceux de vos enfants. Et tant mieux si votre mari est d'accord avec vous. Dans le cas contraire, si vous avez des points de litige sur la garde des enfants, le montant des pensions ou les droits de visite, il sera peut-être nécessaire d'en dire un peu plus au juge, afin qu'il prenne des décisions adaptées à votre situation.
Vos différents messages montrent que vous avez très peur que l'on vous reproche d'avoir laissé vos enfants se faire maltraiter par leur père et qu'on vous les enlève. N'ayez crainte, aucun juge n'enlèvera les enfants à une mère soucieuse de leur bien-être qui est consciente des dangers et qui prend des mesures pour les protéger. On pourrait vous reprocher de ne pas agir mais en aucun cas de le faire, même tardivement. La justice n'a pas pour but de séparer les enfants de leurs parents mais bien de les protéger adéquatement lorsqu'ils sont en danger, ou d'aider l'un des parents à le faire si c'est possible. Vous avez par contre la responsabilité de veiller par la suite à maintenir leur protection et à agir si leur père se montre à nouveau incapable de se contrôler.
Nous vous conseillons de parler ouvertement de votre situation aux professionnels qui seront là pour vous aider, à l'Hospice Général d'abord et au Service de Protection des Mineurs s'ils interviennent dans le cadre de la séparation. C'était automatique jusqu'à récemment à Genève, mais il semble que cela ne soit plus le cas. Vous avez le droit de solliciter vous-même ce service, pour un appui éducatif ou une aide à l'organisation des droits de visite. Parler des maltraitances passées peut être utile pour que votre mari soit encouragé à se faire aider et pour évaluer si vos enfants ont besoin d'un suivi thérapeutique particulier. Vous n'avez pas de crainte à avoir à leur expliquer la situation comme elle est. Mais vous n'avez pas non plus besoin de vous attarder sur le passé si les mesures que vous prenez de votre côté sont efficaces pour assurer la sécurité de vos enfants.
Si votre fils de 7 ans est suivi, c'est important qu'il retrouve à Genève un espace thérapeutique et nous vous conseillons de voir avec la psychologue qui le suit actuellement ce qu'elle vous propose. Ou alors de demander conseil au SPMI (Service de Protection des Mineurs) qui vous conseillera utilement. Nous ne pourront répondre à toutes vos questions au moyen de ce site, un entretien avec des professionnels qualifiés semble s'imposer dans votre situation. L'Hospice général pourra vous orienter adéquatement et vous trouverez la liste des services utiles dans le chapitre ressources de notre site.
Vous mentionnez également vos soucis financiers et vos craintes de ne pas arriver à vous en sortir seule par la suite. C'est vrai que vivre séparés coûte plus cher que vivre ensemble, c'est indéniable, mais nous répétons que votre mari devra contribuer aux frais des enfants, en fonction de vos revenus (ou de l'aide de l'HG) et des siens. Comme c'est le juge qui tranche en cas de litige, nous vous recommandons vivement de vous faire conseiller par un-e avocat-e avant d'accepter de signer une convention. Vous trouverez ensuite les mots pour expliquer à vos enfants que vous ne pouvez leur offrir tout ce qu'ils souhaitent, les biens matériels ne représentent pas l'unique condition d'une vie heureuse.
Nous espérons que vous trouverez le courage de solliciter l'aide concrète dont vous avez besoin et que vous continuerez d'avancer pour trouver des alternatives à la violence et des conditions de vie satisfaisantes pour vous et vos enfants. Nous sommes de tout coeur avec vous et sommes sûrs que votre lucidité et vos efforts seront reconnus et récompensés.
Bien à vous
Bonjour Madame, Votre collègue s'est confiée à vous sur des violences verbales et physiques de la part de son mari....
Bonjour Madame, Avant toute chose, nous nous excusons pour le délai de réponse long. Nous souhaitons aussi souligner votre démarche...
Bonjour Heaven, Nous comprenons vos doutes par rapport à la relation que vous êtes en train de vivre et votre...