29-09-2008
Bonjour Cocoon,
Nous avons tardé à vous répondre et nous vous prions de bien vouloir nous excuser. Ce site est principalement à l’intention des personnes qui résident en Suisse à qui nous donnons la priorité lors de surcharge momentanée. Aujourd’hui nous pouvons tenter ensemble de trouver une réponse à votre question. Avez-vous consulté le site et notamment avez-vous fait le test ? cela serait une manière de trouver quelques questions auxquelles vous apportez des réponses par votre description de ce que vous vivez. Nous ne savons pas si les comportements de votre compagnon ont toujours été les mêmes, mais dans notre expérience, ce que vous décrivez est malheureusement bel et bien de la violence à votre encontre. Et les excuses que vous trouvez aux comportements de votre compagnon font partie des caractéristiques des victimes.
La violence conjugale ne trouve pas seulement son expression dans la violence physique. Les insultes, la disqualification répétée, le jet d’objets, de projectiles, frapper sur les tables ou claquer les portes sont des comportements qui visent à soumettre et contraindre la partenaire ou tout autre membre de la famille à sa volonté. Cela provoque peu à peu chez la victime un sentiment de confusion, de doute avec des questions du genre « est-ce ma faute, peut-être devrais-je agir autrement, etc. ». Les expériences de l’enfance expliquent ou permettre peut-être de comprendre pourquoi l’auteur de violence est vulnérable : cela n’excuse en rien de tels comportements. Ceux qui ont vécu dans un tel environnement n’ont heureusement pas tous recours à la violence contre leur proche. Par contre, comme les enfants qui sont exposés à la violence contre leur mère peuvent en effet dans certaines circonstances reproduire soit des agressions dans leurs relations amoureuses futures, soit devenir des victimes en intériorisant le comportement de soumission et d’absence de réaction de leur propre mère, il convient, et c’est souvent à la victime que cette prise de conscience appartient , de les protéger de l’exposition à ce climat de violence. La situation que vous vivez n’est pas normale. Et l’absence d’excuse peut aussi faire penser que votre partenaire n’a pas conscience de la violence qu’il exerce.
Vous avez donc bien compris que vous avez raison de ne pouvoir oublier tout cela. Il y a de fortes présomptions sur le fait que si rien n’est fait pour stopper la spirale de la violence, elle va aller en augmentant tant en fréquences qu’en intensité. Cela ne veut pas dire bien sûr que nous ne comprenons pas l’état de panique dans lequel vous êtes plongée lorsque vous évoquez la rupture. Peut-être y a-t-il d’abord quelque chose à faire, qu’en pensez-vous ? Avez-vous déjà évoqué cela avec votre partenaire ? Si non pensez-vous pouvoir le faire en tête-à-tête et plutôt dans un endroit public ? Connaissez-vous Solidarité femmes de votre région ?
Nous restons volontiers à votre disposition et vous encourageons vivement à poursuivre votre réflexion sur les violences qui vous sont faites. Avec nos meilleurs messages.