Il m'est difficile de comprendre exactement ce que je vis et d'évaluer le degré de violence qui existe dans la relation avec mon mari. C'est de la violence psychologique dans tous les cas. Cela fait des années que cela dure et cela ne s'améliore pas. Mon mari parle très fort, est intimidant et dominateur voire dénigrant dans la discussion (avec des phrases assassines du type "tu dis des conneries", c'est n'importe quoi, tu délires, etc.) Il a toujours dû réprimer toute forme d'agressivité en tant qu'enfant et semble avoir de la difficulté à admettre cette part d'ombre en lui. Tout est sujet à débat et à confrontation. Si j'ai le moindre grief envers lui, je sais que la discussion va être longue et pénible et je me sens comme en procès devant faire passer mon ressenti par une épreuve de vérité, et il se positionne comme celui qui possède la connaissance des faits. Il voit comme de la violence que je quitte la pièce quand je n'en peux plus ou que je me replie sur moi-même et ne lui répond plus. Quand je crie et que je dis des mots blessants parce que je suis hors de moi, il souligne ma violence comme pour effacer la sienne. Plus je le fuis et plus il s'énerve et devient menaçeant (voix forte, posture poings fermées torse en avant, regard foudroyant)et me reproche de provoquer l'ogre de sortir de lui. Il semble être très peu clairvoyant par rapport à son mode de communication et sa manière intimidante. Il y a certainement une dynamique qui nous fait entrer dans une spirale de violence, avec des propos blessants et je sais que je suis aussi colérique et crie très fort. Mais je me sens prise au piège car dans ces moments il ne voit plus que ma violence et plus la sienne. On a deux enfants de 11 et 13 ans. Ils n'en peuvent plus de nos disputes. Et n'en peuvent plus d'avoit leur père qui s'énerve tout de suite dans la moindre discussion et se montre très inflexible et fait de l'autoritarisme (donne des ordres sans explication exigeant une obéissance aveugle, difficulté à s'exprimer avec des mots et à expliciter clairement sa requête)et a tendance à parler plus avec ses mains (pousser l'enfant au lieu de lui demander de se mettre de côté par exemple, en dehors d'une situation de danger pour l'enfant. Les enfants protestent lui demandent d'arrêter sa violence et quittent alors aussi la table et mon mari se contente de dire qu'ils m'imitent et sont mal élevés. Et entre en confronation avec eux en protestant qu'il n'est pas violent. Mon fils est très sensible et a tendance à s'interposer entre nous lors de disputes. Mon mari ne voit pas son angoisse et l'engueule en vociférant qu'il ne doit pas se mêler de ça. Il a tendance à me boucher le passage quand je veux fuire, même s'il le fait moins maintenant que dans le passé. Il a déjà enfoncé des portes que j'ai fermées à clé pour me protéger et m'a giflé une fois il y a quelques années. Il est vu comme étant quelqu'un qui impose ses idées dans la discussion et semble vouloir avoir toujours raison. Je ne sais plus où j'en suis car j'ai le sentiment qu'il me jette toute la culpabilité dessus et profite que j'ai dû faire des psychothérapies pour dire que je ne suis pas dans la réalité, que j'hallucine, etc. quand je dis qu'il est violent. Il me dit qu'il est d'accord de retourner chez un conseiller conjugal à ma demande, démarche que nous avons déjà effectué à plusieurs reprises mais qui n'a rien donné de concluant. Dans ces séances, il se montrait coopératif mais dans des moments où il était visiblement irrité, je n'ai rencontré personne qui ose le confronter. Que faire? Merci de vos conseils.
Bonjour,
Vous nous confiez vivre des violences depuis de nombreuses années et malgré des tentatives pour y remédier, la situation ne s’améliore pas. Vous ne le dites pas ainsi, mais sans doute vous sentez vous démunie et peut-être aussi fatiguée de lutter avec « cet ogre » qui peut sortir de lui à tout instant. Nous vous comprenons car, comme vous le dites très bien, «c’est de la violence psychologique dans tous les cas». Cette violence à des effets dévastateurs sur la victime.
De plus, vos enfants souffrent de ce climat de tension et votre fils tente même de s’interposer. Vous nous demandez que faire.
Vous nous décrivez une dynamique de couple qui semble s’être construite sur un sentiment de lutte, de peur et de pouvoir. Vous faites état d’une réflexion en profondeur quant au regard que vous portez sur votre mari et sur votre couple. Cela témoigne de vos préoccupations et de votre difficulté à vivre ainsi. Nous aimerions vous poser les questions suivantes: Et vous, qu’attendez-vous de cette relation? Avez-vous encore des sentiments pour lui? Avez-vous envie de lui laisser encore une chance?
Il vous appartient de prendre soin de vous et, peut-être, de faire des choix; mais attendre des changements de la part de votre mari n’est pas en votre pouvoir. C’est à lui qu’appartient la décision de se remettre en question, d’accepter sa part de responsabilité dans les disfonctionnements du couple. Lorsqu’il vous rend responsable de sa violence, il témoigne du fait que, pour le moment, il ne souhaite pas s’inscrire dans un processus de construction pour un mieux-être conjugal. Au contraire, sans doute, est-ce confortable pour lui de « diriger » ainsi sa famille. Cela d’autant plus qu’il semble s’assurer une bonne conscience en laissant une porte ouverte à la poursuite d’une thérapie conjugale; alors même qu’il s’est visiblement fixé une limite de réflexion qu’il ne veut franchir. Votre mari est responsable de ses agissements même s’il tente, avec habileté, de vous faire croire que vous en êtes la cause.
Pour ce qui est de l’attitude de vos enfants vis-à-vis de leur père, il semble évident qu’ils tentent de vous protéger en s’interposant ou en quittant la table. Les enfants témoins des altercations d’un couple se trouvent souvent très affectés, voire traumatisés, car plongés dans des conflits de loyauté insupportables. Nous vous encourageons vivement à les en protéger au mieux et à en discuter avec eux. Vous avez aussi la possibilité de vous approcher d’un psychologue scolaire ou tout simplement du pédiatre de vos enfants afin que ces derniers bénéficient d’un soutien.
Nous vous souhaitons bon courage pour la suite et restons bien sûr à l’écoute de vos réflexions, témoignages ou questions.
Bonjour Mimosa, Vous nous décrivez un épisode de votre vie de couple avec une grande clairvoyance. Les sentiments d’amour flirtent...
Bonjour Mimine, Votre message nous touche beaucoup, nous y sentons toute votre détresse mais aussi la force qui est en...
Madame, En quelques lignes, vous nous décrivez parfaitement l’évolution que prend, malheureusement trop souvent, la violence conjugale. Vous avez réussi...