Bonjour, ayant rempli votre questionnaire qui m'indique qu'en fonction de mes réponses, je ne serais pas nécessairement touché par la violence domestique, je souhaiterais obtenir une réponse plus précise en fonction de ma situation. Je suis jeune père de famille (une petite fille de 8 mois) et mon amie et moi nous sommes mariés il y a trois mois. Nous vivons une relation en principe basée sur l'égalité. Mon épouse travaille. Il n'y a objectivement aucun lien de dépendance ou de soumission lié à l'argent (salaires proches), aux activités sociales (engagement associatif des deux), à la formation (deux universitaires). Nous ne nous trouvons pas non plus dans une situation caractérisée par une prise de distance émotionelle forte (adultère, poursuite d'une vie séparée tout en vivant ensemble etc.). Cependant, il y a des moments où mon épouse a besoin d'un appui inconditionnel de la part de son entourage (mère) et de moi-même. Dans ces phases, il arrive que je me sens épuisé, fatigué ou que je ne peut admettre dans mon for intérieur que tout l'effort doit provenir de moi ou que l'on me reproche de ne pas faire suffisamment, de ne pas croire en l'autre. Fragilisée, mon épouse peut alors avoir un comportement qui oscille entre rejet/attaques à mon égard ("tu ne me soutiens pas", "tu n'es pas préoccupé par ce qui m'arrive") avec des crises de larme, la volonté de partir sans le faire (réalité bien avant la naissance de notre fille) etc. De mon côté, après un moment d'explications, d'autojustification, vient un moment d'épuisement profond, de crises de larmes. Se présentent alors deux possibilités: 1. Laisser partir mon épouse (faire un tour, prendre de l'air, dormir chez une amie (ce qui ne c'est jamais produit dans les faits). Si je le fais, elle m'accuse de froideur, de harcèlement psychologique. Si je la retiens, et c'est ici que se situe le problème et ma crainte d'être auteur de violences domestiques, je le fais parfois physiquement. Je la prends par les bras, la serre fortement contre moi (y compris en laissant des traces sur ses bras) ou alors je prends son visage entre mes mains en lui parlant très fort tout en croyant pouvoir la raisonner. Elle de son côté commence à me donner des coups de pieds et de poings. Elle me pince très fort dans les bras. Et puis hier, pour la première fois et après la reproduction de la scène décrite ci-dessus, je lui ai donné un gifle. Elle m'a aussitôt demandé de partir ce que j'ai fais. S'en est suivi une longue discussion au téléphone avec moi effondré et elle aussi. Notre petite-fille a assisté à la scène. Mon épouse envisage maintenant le divorce. Mes questions sont les suivantes: 1. Que faire dans le type de situations que je vis comme inextricable (être soit le harceleur psychologique ou alors d'être pris par cette force ténébreuse qui fait que je porte ma main sur elle selon ce qui est décrit)? 2. Est-ce que la séparation durable/divorce peuvent-ils avoir un effet bénéfique pour nous deux et surtout pour notre petite fille? En vous remerciant très chaleureusement pour votre réponse et avec mes meilleurs messages Santiago
Monsieur,
Dans la relation conjugale que vous nous décrivez, sous l'angle de certains paramètres, comme équilibrée, surviennent des épisodes de "crises" au cours desquelles se produisent des comportements "inhabituels".
Ces comportements, réactions, portent les noms de contention, d'exercice de la force physique, laissant des marques, en vue de "contrôler" quelqu'un. Ils s'accompagnent d'un "haussement de ton" s'agit-il de cris?
Puis s'en suit, ce que nous pouvons appeler, une altercation qui, dans la situation que vous évoquez, s'est terminée par une gifle.
Avant de tenter de répondre aux questions précises que vous nous posez, il paraît quand même important de nommer ce qui est de l'ordre de la violence conjugale. Les faits décrits se rapportent clairement à sa définition et votre louable questionnement donne à penser que vous doutez, vous-même, de votre positionnement de "non touché par la violence domestique".
Pour ce qui est de vos questions, commençons par la seconde. En restant bien dans le domaine qui est le nôtre, la séparation représente parfois une condition nécessaire pour assurer la sécurité des conjoints et des enfants. Il est coutumier de dire que les conjoints sont pour eux même responsables de leur propre sécurité et qu'ils sont responsables ensemble de la sécurité de leurs enfants.
En dehors de la prise en considération de la notion, oh combien importante, de sécurité, la séparation peut revêtir nombre d'avantages. Prise de distance,'aménagement d'espace de temps pour réflêchir, mise en oeuvre de démarches visant , pour l'un comme pour l'autre voire, sous certaines conditions, ensembles, à dépasser la/les crises conjugales.
La séparation peut aussi être parfois comme le glas de la relation conjugale. Tenant bien compte des souffrances inévitablement ressenties dans ces situations, nous pensons qu'il est nécessaire de tout faire pour que ce moment de la vie puisse être traversé en adulte, avec le constant souci du bien être et de la sécurité de votre fille.
Quant à votre première question, des moyens d'aide existent pour sortir du dangereux engrenage de la violence conjugale. Des associations, des services proposent des lieux et la disponibilité de professionnels pour travailler avec les auteurs de violence conjugale.
ViFa à Lausanne est la référence dans le canton de Vaud. Dans ce service vous pourrez évaluer votre situation, vos comportements. Une orientation pourra vous être proposée et le cas échéant une prise en charge.
Nous le répétons, votre questionnement est louable, il témoigne de votre souci de ne pas persévérer dans des comportements délétères. Nous vous souhaitons le courage de continuer dans cette voie.
Bien à vous.
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