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Perguntas e respostas

Je suis consciente que je ne dois pas accepter sa violence mais je ne veux pas le quitter. Que dois-je faire? Quels mots le toucheraient?

Pergunta
15 Mai 2008 - old...

Cher tous, Je suis arrivée sur ce site aujourd'hui et j'avoue que rien que de vous lire me fait prendre conscience du problème que je vis dans mon couple. Il est très difficile pour moi qui suis toujours forte, universitaire et qui conseille la moitié de la planète, d'admettre que tout mes amis avaient raison de se méfier de Lui, mon chéri depuis plus d'un an. Tout est venu progressivement. Nous avons eu un coup de foudre il y a plus d'un an, quelque chose que je n'avait jamais vécu. Mais déjà à l'époque il était perturbé et selon ses médecins en stress post-traumatique de retour de mission humanitaire. Il souffrait et souffre encore de légère paranoïa et prend des médicaments contre les crises de spasmophyllie (qu'il aurait du arrêté) depuis près de 9 ans. Il a eu une enfance terrible (violence intense de la part de son père) et a eu une relation très conflictuelle avec son ex, pendant 10 ans, qui s'est terminée avec l'aide de la police...Je sais qu'il l'a frappée. Me concernant, au bout de 3 mois de relation, j'ai eu la possibilité de partir pour mes études pour 9 mois (décisions prise heureusement avant de le connaître). J'y suis allée. C'est là que notre première crise a commencé: insulte, harcèlement psychologique de sa part. Etant seule à 10'000 km, j'ai à la fois souffert de n'avoir ni famille ni ami, mais peut-être la distance m'a-t-elle aidée. En tout les cas, les 9 mois se sont mal passé. Mais je l'aimais, je mettais ça sur le compte de l'"abandon" que je lui avait fait subir et de la relation à distance, que chacun sait ne pas être aisée. Bref, à mon retour, insultes et ruptures de part et d'autre pendant 3 semaines, jusqu'à ce que, épuisés l'un l'autre, nous décidions de recommencer, lentement. Pendant 2 mois cela a été très dur, mais ensuite l'idylle...Certes, avec des hauts et des bas, mais bien. Puis, maintenant qu'il n'a plus de travaille, à nouveau une crise d'insulte très intense, puis quelques semaines plus tard il me prend violemment par le bras, enfin, lundi: ma première gifle. Je suis consciente que je ne dois pas l'accepter. D'autant qu'il ne s'est ni excusé, ni n'en a reparlé. Il ne dis (jamais) clairement vouloir me quitter et reste suffisamment vague (du genre, je n'ai pas le temps de me concentrer sur notre couple, la recherche de travail d'abord,etc). Et malgré tout, c'est hallucinant, je ne souhaite pas qu'on se quitte! J'aimerais dans un premier temps qu'il prenne conscience de sa violence envers moi, qui, selon ses termes, est bien moins grave qu'avec son ex! Je ne sais pas dans quelles mesures il pourrait y avoir une solution pour lui si l'origine est psy? (et peut-être à terme une solution pour nous?) Que dois-je faire actuellement? Lui poser un ultimatum du genre je te quitte si tu ne fais pas quelque chose pour tes problèmes de violence? Comment savoir quels mots le toucheraient? Merci Je n'en reviens toujours pas que c'est moi qui ai écris ça...

Resposta
19-05-2008

Bonjour Titfleur,

Votre message dit que vous prenez conscience du problème de couple que vous vivez depuis un peu plus d’un an et qui s’est révélé progressivement. Vous comprenez bien ce qui se passe et les enjeux actuels, vous savez que la violence est déjà présente et qu’elle risque d’empirer mais vous dites aussi clairement que vous ne souhaitez pas de rupture. Ceci est tout à fait compréhensible et nous aimerions tout d’abord vous dire qu'il y a des alternatives et tout un champ de possibilités entre tout accepter et la rupture définitive.

Ce que vous décrivez indique que votre ami a des problèmes de violence depuis bien avant de vous connaître. Vous dites qu'il a subi une violence intense de son père enfant (ce qui est effectivement un facteur de risque de la reproduire plus tard, mais non le seul), qu'il souffre actuellement de stress post-traumatique suite aux missions humanitaires et aux violences auxquelles il a dû assister et dont il a dû gérer les conséquences sur les populations et qu'il a également déjà utilisé de la violence dans son couple précédent. Tout ceci montre que ce n’est pas tant un problème de couple qu’un problème qui existe chez votre ami et que lui seul peut apprendre à gérer autrement. L’origine est sans doute à rechercher dans l’accumulation de différents facteurs de risque et sources de violence, qui ne sont pas exclusivement psychologiques mais aussi relationnels et sociaux, et il est évident qu’un traitement approprié serait bénéfique à votre ami. L’état de stress post-traumatique se soigne bien, tout comme les problèmes de violence, pour autant que votre ami accepte qu’il a besoin d’aide et consulte des spécialistes.

Vous nous demandez justement comment faire pour que votre ami réalise qu’il a des problèmes et envisage de se faire aider; par quels mots le toucher. C’est effectivement une question importante qui mérite réflexion et qui montre aussi que vous comprenez qu'il souffre pour agir ainsi. Nous savons par expérience que la plupart des personnes qui ont recours à la violence dans leur couple refusent de le reconnaître, en niant ou minimisant les problèmes, en mettant la responsabilité sur leur partenaire, en alternant les moments de gentillesse avec les périodes de tension et de violence. Mettre des limites claires aux comportements destructeurs est effectivement une bonne idée, en revenant sur ces derniers, en demandant des excuses ou en lui disant que vous envisagez une rupture s’il refuse d’entrer en matière pour prendre la responsabilités de ses actes par exemple. Vous avez le droit de poser des exigences quant à la poursuite de votre relation, d’exprimer vos besoins, vos sentiments et vos questionnements et de l’encourager à se faire aider. Une pression de la part de la partenaire ou une contrainte de la justice (justice civile si vous souhaitez lui interdire de vous approcher ou justice pénale si vous portez plainte pour les actes de violence subis, insultes, menaces éventuelles, gifles, etc.) sont souvent les moyens les plus efficaces pour que les personnes qui utilisent la violence pour résoudre les conflits prennent conscience de leurs actes et acceptent de consulter des spécialistes (Vires pour les problèmes de violence à Genève, de nombreux psychiatres ainsi que la consultation spécialisée pour le stress et le traumatisme à l'hôpital pour les problèmes de stress).

Nous ne pouvons que vous encourager à utiliser les moyens de pression à votre disposition tout en parlant avec votre ami de sa souffrance et de la vôtre, de votre lien et de votre amour, mais aussi des conditions pour que votre relation puisse se développer sainement et sans danger. Vous pourrez peut-être trouver des paroles qui le touchent si vous êtes à la fois consciente de sa souffrance sans toutefois oublier la vôtre, si vous essayez de le comprendre sans pour autant vous effacer. 

Le chemin à parcourir n’est pas simple, et si vous souhaitez vous-même de l’aide, vous pouvez vous adresser à l’association Solidarité Femmes, spécialiste en la matière à Genève, pour un rendez-vous individuel. Vous pouvez également vous rendre au Centre LAVI n’importe quel jeudi à 14h pour assister à une séance collective d’information destinées aux femmes victimes de violence conjugale et animées par Solidarité Femmes et le Centre LAVI. Ces séances sont gratuites et anonymes, il n’est pas nécessaire de s’inscrire à l’avance, elles sont conçues pour donner un maximum d’information aux femmes concernées, sans entrer en matière à ce moment sur les histoires personnelles de chacune.

Nous vous souhaitons bonne route et vous répondrons également bien volontiers si vous le souhaitez par la suite

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