01-05-2007
Bonjour Madame,
Nous comprenons dans votre témoignage qu’il vous est arrivé à plusieurs reprises de gifler votre ami lorsque celui-ci a un comportement que vous ne supportez pas. Cela se produit entre autres quand vous ressentez de la peur, notamment lors de ses excès de vitesse en voiture. Des personnes qui sont présentes lors des gifles données à votre copain disent que vous êtes violente, mais vous trouvez que cette image ne vous correspond pas et cette réputation vous rend triste. Selon vous, la gifle est le seul moyen d’arrêter votre ami.
Dans votre récit, les épisodes dans lesquels vous giflez votre ami arrivent lorsque vous êtes en voiture et que la vitesse excessive et la conduite dangereuse de votre ami vous font peur. Il semble que votre ami ne respecte pas vos limites ni le besoin de sécurité dont vous lui avez fait part . Il ne semble pas tenir ses engagement et vous nous dites qu'il ne vous écoute pas. Votre ami semble prendre plaisir à se mettre en danger en y associant des témoins, tels que vous et ses amis.
Nous nous demandons si votre réaction de crier, insulter et giffler se produit également à d’autres moments de la vie quotidienne lorsque vous êtes fâchée, frustrée, triste… Ou est-ce que ce genre de situation ne se présente que lors de ces moments de peur et de manque de respect que vous vivez en voitures ? Qu’est-ce qui dans le comportement de votre ami vous affecte au point que vous avez envie de le gifler et même que vous passez à l’acte ? Qu’est-ce qui vous est comme ça insupportable ? Qu’est-ce que cela touche en vous, à votre propre sensibilité ?
La peur peut amener une personne à agir de façon déraisonnable, sous le coup d’une impulsion car elle ne sait comment la gérer autrement. C’est une réaction compréhensible. Toutefois, dans votre situation, les réactions qui se terminent par un acte de violence se répètent. La violence et les actes répétés ne doivent pas avoir de place au sein d’un couple. Ceux-ci sont d’une part interdit par la loi, mais d’autre part peuvent mettre en péril la relation et la sécurité des deux conjoints. Il est important de pouvoir en discuter à tête reposée avec votre ami, et de pouvoir lui faire part de ce qui vous habite, ce qui vous fait peur et de peut-être pourquoi cela vous fait peur. Cette démarche est d’autant plus importante que vous nous avez mentionné que votre ami ne vous écoute pas quand vous lui demandez d’arrêter. Il est possible qu’il ne se rende pas bien compte de l’impact de ses actes sur vous. Le fait d’exposer l’un et l’autre clairement et calmement vos ressentis et vos besoins peut favoriser l’accès à la non-violence grâce à une meilleure compréhension de l’autre et le respect de ses besoins et de ses limites. Nous vous invitons également à vous entretenir avec les personnes qui ont pris part à vos actes et vous critiquent aujourd’hui. Vous pouvez leur expliquer les raisons de votre réaction et de votre peur. Après la décision de vous comprendre leur appartient, mais peut-être qu’à l’heure actuelle ils ne comprennent tout simplement pas les raisons de votre comportement.
Encore une fois nous vous rendons attentive au fait que la violence doit cesser, qu’il y a des moyens alternatifs à une gifle pour mettre « un frein ». Vous avez fait un premier pas significatif en nous écrivant pour demander des conseils. Dans une situation où il y a des comportements violents, il est important d’en parler et de ne pas rester seul face à ses difficultés. Nous vous félicitons donc d’avoir eu le courage de prendre contact avec nous.
Si cette situation vous dépasse et que vous avez besoin d’aide, il existe des services spécialisés, où des professionnels-les accompagnent des personnes ayant recours à des comportements violents. Voici l’adresse et les coordonnées du service affilié à votre canton :
Association Face à Face
Case postale 261
1211 Genève
Tel : 078 811 91 17
Site web : www.face-a-face.info
Email : info@face-a-face.info
Informations :
Soutiens individuels et groupes de thérapie s'adressant exclusivement aux femmes, aux mères, aux adolescentes (13-18 ans) ayant des comportements violents contre elle-même, contre leurs enfants, leur conjoint-e, leurs parents et les autres. L'objectif est de cesser la violence; qu'elle soit verbale, physique, psychologique, contre soi, les autres, les objets, les animaux.
Prise de rendez-vous par téléphone (répondeur), email ou courrier.
Confidentialité assurée.
Nous vous souhaitons une bonne suite et restons à votre disposition si vous avez d’autres questions.
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