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j'ai peur que mon mari n'enlève notre fille dans son pays d'origine si je demande la séparation

Pergunta
23 Mai 2006 - old...

Bonjour, En quelques mots, voici ma situation : Je suis mariée depuis 4 ans à un étranger de confession musulmane et nous avons une petite fille. Nous nous sommes fréquentés durant une année avant de nous marier et il était adorable avec moi mais dès que le contrat de mariage a été signé et qu’il a été en possession de son permis B et d’un travail, son attitude a complètement changé, par exemple il ne pratiquait pas du tout sa religion et depuis le mariage, il est redevenu pratiquant. Notre fille est née 4 mois après le mariage. Pour lui je ne suis là que pour le servir et payer les factures alors que je lui ai tout donné. Il ne respecte rien dans notre logement, évidemment tous les meubles sont à moi puisqu’il est venu habiter dans l’appartement que j’occupais avant de le connaître. Il me donne le minimum pour vivre et envoie tout son argent à sa famille dans son pays d’origine. Toutes mes économies sont parties dans les factures et l’entretien de l’enfant et maintenant je me trouve complètement démunie et mon salaire ne suffit pas à couvrir les dépenses du ménage. Il me ment continuellement et ne semble heureux qu’en compagnie de ses amis de la même origine que lui et me dénigre sans cesse, même devant notre fille. Il me reproche mon passé, il déteste les amis/amies que j’ai, les insulte s’il en a l’occasion et ne vis que pour sa famille à lui et ses amis. Il passe des heures au téléphone dans sa langue sans jamais me raconter ce qui se passe. Il sort quant il veut sans jamais me dire où il va mais moi si j’essaie de sortir j’ai des histoires pas possible après. Il a quelques fois levé la main sur moi, chaque fois devant notre fille. Un jour il m’a frappée la tête contre le mur et j’ai saigné beaucoup, ma fille avait deux ans et elle n’a jamais oublié cette scène. Moi je voudrais le quitter mais quand je lui dis que je veux divorcer, il me répond que j’ai qu’à m’en aller mais que l’enfant restera avec lui, car dans sa religion les enfants appartiennent au papa. Je n’ai pas osé entreprendre des démarches pour le quitter car je suis morte de peur qu’il enlève notre fille et l’emmène dans son pays (ou entre autre l’excision des petites filles y est systématiquement pratiquée). Il serait tout à fait capable de l’enlever et de la faire sortir du pays avec de faux papiers, il est d’ailleurs arrivé en Europe avec un faux passeport, c’est la raison pour laquelle je suis consciente qu’il peut quitter la Suisse avec notre fille, sous une fausse identité. Voilà pourquoi j’attends dans mon coin que ma fille grandisse et qu’elle soit en mesure de se défendre mais je sais plus si c’est la bonne solution. Ma fille semble souffrir de cette situation. Elle me dit que papa est méchant avec moi et qu’elle ne l’aime pas. En plus il est broderline, c'est-à-dire qu’il peut être 2-3 jours de bonne humeur et ensuite il tourne et devient infect, peux passer plusieurs jours sans même m’adresser la parole ou alors pour me dire des méchancetés. J’arrive à bout de nerfs de supporter cette situation quotidiennement et j’ai peur de tomber malade à la longue. En plus j’ai découvert qu’il s’adonnait à des activités illicites et répréhensibles par la loi pour se faire de l’argent, et j’ai peur de me faire accuser avec lui s’il se fait attraper par la police, il m’a d’ailleurs menacée de m’accuser si j’allais le dénoncer alors que je ne suis pour rien dans ses activités et que je ne bénéficie même par de l’argent qu’il en retire. Que me conseillez-vous donc de faire pour me sortir de cet enfer tout en protégeant ma fille d’un enlèvement? Merci de m’avoir lue et de votre compréhension. Garance.

Resposta
16-05-2011

Bonjour Garance,
 
Vous décrivez votre vie de couple et le climat familial comme étant bien difficile : en effet, votre mari ne semble pas prêt à construire avec vous une vie de couple où il y aurait confiance mutuelle et sentiments partagés. Il semble plutôt vouloir manipuler vous et son entourage afin d’obtenir ce qu’il veut sans devoir donner lui aussi de sa personne.
Le fait de ne pas contribuer de manière équitable aux dépenses du ménage, le fait de vous dénigrer et de vous insulter, le fait de se montrer contrôlant quand il s’agit de vos sorties (mais non des siennes), et bien sûr le fait de lever la main sur vous, sont tous des comportements que l’on retrouve dans la violence conjugale. 

Vous dites ne plus supporter cette situation et vous avez peur de tomber malade à la longue. D’après ce que vous nous dites, ce ne sont pas vos sentiments pour votre mari qui vous retiennent auprès de lui, mais la crainte qu’il n’enlève votre fille à l’étranger si vous demandez le divorce. Aujourd’hui, vous vous demandez s’il faut attendre que votre fille soit assez grande pour se défendre. Votre fille est encore bien petite, et quand saura-t-elle se défendre ?

Il nous semblerait important que vous puissiez parler avec des professionnels de vos craintes d’enlèvement. En effet, ils pourront vous dire s’il existe des conventions en la matière avec le pays d’origine. Ils pourront explorer avec vous les éléments qui favorisent – ou au contraire diminuent le risque d’enlèvement (votre mari tient-il à rester en Suisse ? Aurait-il le soutien de sa famille d’origine et des moyens de vivre dans son pays ? etc) et également voir avec vous s’il existe une manière d’entrer en discussion avec votre mari – peut-être en impliquant une tierce personne - qui pourrait aboutir à une attitude plus mature et centrée sur le bien-être de votre enfant de sa part. Nous vous conseillons de prendre contact avec le Service Social International, Fondation suisse, 10 rue Dr. Afred Vincent, 1211 Genève, tél. : 022 / 731 67 00, qui a aussi édité une brochure à ce sujet. Vous pourrez ainsi voir plus clair et prendre une décision de manière réfléchie.Dans le cas où vous demanderiez la séparation, sachez qu’il existe des mesures pour prévenir les enlèvements d’enfant. Ceci va d’un refuge dans un foyer pour femmes à un droit de visite surveillée jusqu’à d’autres mesures plus légères.

Nous vous conseillons de contacter le Centre LAVI du canton de Vaud, tél: 021 320 32 00 ou le Centre d'accueil MalleyPrairie, tél.: 021 320 76 76 afin d’avoir un lieu de parole dans la situation difficile que vous vivez actuellement et de l’appui pour quand vous entreprendrez des démarches de séparation. En effet, il faut beaucoup de force et de courage pour vivre ce que vous vivez et un soutien extérieur peut être précieux.
Nous espérons qu’une issue se dessinera bientôt pour vous et votre enfant et vous souhaitons bonne chance !

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