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J'ai porté plainte et commence maintenant à douter de ma démarche.

Pergunta
17 Juin 2015 - old...

Bonjour, Ce week-end j'étais chez une amie (Méline) qui habite avec son copain (François). Je dormais sur place avec la soeur de Méline. François a commencé à devenir parano et est devenu violent avec nous trois. Il m'a rué de coups et a cassé le bras de Méline. Méline a dû se faire opérer. Mais n'a pas porter plainte et est retournée avec son copain. J'ai été porter plainte. Car de un j'ai été traumatisée par toute cette violence et eu des blessures et de deux je ne supporte pas l'idée de savoir mon amie avec un homme violent. Connaissant très bien les parents de Méline, ceux-ci m'ont confiés que ce n'était pas la première fois qu'ils devaient aller chercher leur fille au milieu de la nuit à cause d'une dispute. Je commence à douter de ma démarche. Et surtout je n'ai toujours pas dit que j'avais porter plainte. Je suis un peu perdue. Je vous remercie d'avance d'une réponse de votre part. Meilleures salutations. Talya

Resposta
27-06-2015

Bonjour Talya,

Notre réponse s'est fait attendre, veuillez nous excuser de ce retard involontaire.

Vous avez bien fait de nous écrire. Au vu de ce que vous venez de vivre, rien d'étonnant à ce que vous soyez momentanément désemparée et que le doute s'installe sur la façon dont vous avez réagi. Il est déjà difficile de savoir que faire lorsqu'on est confrontée à des violences conjugales exercées envers autrui, mais lorsque les comportements violents débordent sur l'entourage et que l'on se trouve soi-même agressée et blessée, les enjeux deviennent plus compliqués encore. Essayons de clarifier quelque peu :

En portant plainte, vous avez fait ce qu'il fallait , même si bien sûr cela vous met en porte-à-faux vis-à-vis de votre amie. La loi interdit la violence sous toutes ses formes. Prise à partie et blessée, vous étiez entièrement en droit de déposer une plainte pénale contre l'auteur de cette infraction. Il n'y a aucune raison pour qu'il s'en tire impunément, alors qu'il a franchi la ligne rouge et commis un délit. En matière de violence, c'est la tolérance zéro qui devrait prévaloir. Vous auriez également pu porter plainte contre lui pour les violences exercées à l'encontre de votre amie, du moment que vous en aviez été le témoin direct.

Assister à - et subir - un tel épisode de violence ne laisse pas indemne et nous comprenons bien que vous vous sentiez traumatisée aujourd'hui. De plus, le fait de n'avoir pas encore informé votre amie de votre démarche auprès de la police vous met peut-être mal à l'aise, ce qui ajoute à votre désarroi. A ce propos, nous pensons que mieux vaudrait l'en informer vous-même, avant que son ami ne soit convoqué  par les autorités. Peut-être qu'elle vous en voudra, d'autant plus qu'elle-même refuse de se défendre et de porter plainte. Mais vous pouvez lui expliquer que rien ne vous empêche, vous, de poser des limites à cet homme et que là, il avait dépassé les bornes.

Si vous le souhaitez, vous pouvez vous adresser à la LAVI de votre canton (aide aux victimes d'infractions). En tant que victime, vous avez droit aux prestations de ce service, qui sont gratuites et confidentielles. Vous y trouverez un soutien sur le plan personnel et juridique. Tél. 022  320 01 02.

Pour ce qui est de votre amie, essayez de garder (ou de renouer) le lien. Il semble que ses parents la soutiennent, d'après ce que vous dites, mais ce serait bien qu'elle puisse également compter sur vous à l'avenir. Nous comprenons qu'il vous soit pénible de la voir rester auprès de son ami destructeur, que vous ne le supportiez plus et que vous souhaitiez la voir prendre position et se soustraire aux violences qu'elle subit. Mais la violence conjugale est un phénomène parfois compliqué, les personnes qui en sont prisonnières mettent parfois du temps pour s'en sortir, et le plus souvent elles ont besoin d'une aide professionnelle pour y parvenir. Soyez patiente. Lisez les informations à disposition sur notre site, en particulier celles qui concernent le cycle des violences et ses effets. Renseignez votre amie sur ses droits, et proposez-lui de s'adresser à Solidarité femmes à Genève. Elle y trouvera l'écoute, l'aide et le soutien de professionnelles spécialement  formées à ces questions. Les entretiens sont également gratuits. Tél. 022 797 10 10.

Nous restons à votre disposition et formons nos meilleurs voeux pour vous et pour votre amie. Bonne chance à toutes deux pour l'avenir.

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