Bonjour, J'ai trois enfants de 11, 7 et 4 ans. J'ai quitté leur père il y a 4 ans, car il est violent moralement et physiquement. J'ai réussi à le faire un peu grâce à votre site et je vous en remercie encore. Par la suite il a tenté de me tuer (dépôt de plainte, rappel à la Loi). Aujourd'hui, j'ai la garde totale de mes enfants. Ils voient leur père un weekend sur deux et la moitié des vacances. Il se drogue (fumette régulière). Il est encore violent avec eux. Mes deux premiers enfants sont suivis psychologiquement. Je vis en France, lui vit à Genève. J'ai signalé sa violence en France par un courrier l'été dernier et ils me disent que si je veux aller de l'avant, le Juge lancera une enquête et s'adressera aux services sociaux suisses. Mais en France, il faut avoir brûlé, violé ou que sais-je encore pour être privé du droit de visite de ses enfants et j'ai donc très peu de chance d'aboutir. Ils ont estimé que les violences n'étaient pas si graves. Les services sociaux m'ont prévenus que l'enquête s'axera sur moi, vu que Monsieur vit en Suisse. Donc mon action ne servira à rien et risque de me porter préjudice. A chaque retour de weekend, il y a quelque chose qui m'est relaté. Ce weekend, le papa a crié énormément, les yeux exorbités, il a porté la petite de 4 ans par le bras et l'a jetée sur son lit, il a crié au grand de 11 ans qu'il allait lui casser la figure s'il continuait. Il y a deux semaines, il lui a dit que ce qu'il lui avait déjà fait n'était rien à comparer de ce qu'il allait lui faire s'il continuait (il y a deux ans j'ai porté plainte car il lui avait donné une claque si forte que mon fils avait fait un tour sur lui-même et s'était tapé la tête sur une caravane, lui ouvrant la lèvre). Ils assistent parfois à des disputes violentes entre leur père et sa copine (claques, bris de vaisselle de la part de la femme). Un jour, le psychiatre référent m'a dit que si les violences étaient occasionnelles, elles ne marquaient pas trop les enfants. Mais ils sont rentrés de leur weekend tellement agités, angoissés... Que dois-je faire ? je les ai déjà protégés en le quittant. Je vis seule, sans aucun soutient ma famille vivant à l'étranger. Dois-je aller de l'avant avec le Juge en sachant que les services sociaux ne me soutiendront pas ? Dois-je finalement attendre un évènement particulièrement violent pour déposer plainte à nouveau, comme me l'ont suggérés les services sociaux français ? Je vais en parler avec les psy de mes enfants, mais j'aimerais avoir votre avis sur la question des violences qu'ils ne vivent plus dans leur foyer mais occasionnellement. Merci mille fois pour votre action et meilleures salutations.
Bonjour Opales,
Nous vous avons fait attendre ! Veuillez nous en excuser : nous sommes parfois très sollicitées.
Vous vous demandez que faire et s'il convient ou non d'entreprendre des démarches sur le plan juridique. Nous comprenons que vous vous fassiez du souci au sujet de vos enfants et de la violence à laquelle ils continuent à être confrontés, à la fois directement et indirectement. Même si ces épisodes ne sont qu'occasionnels, le moins qu'on puisse dire est que ce n'est guère favorable à leur développement. D'ailleurs vous nous écrivez avoir constaté qu'ils revenaient "agités et angoissés" des week-ends passés en compagnie de leur père. Nous ne pouvons que vous encourager à aborder la question avec leur thérapeute. S'il l'estime utile, il pourrait rédiger un rapport à l'intention des autorités.
Comme vous le dites très justement, vous avez déjà "protégé vos enfants en quittant leur père". La première chose à faire était de vous mettre à l'abri, et vous avez fait ce qu'il fallait. Mais aujourd'hui, vous souhaiteriez faire encore mieux et leur éviter toute forme de violence. Pour répondre à votre question sur la manière de procéder dans ce but, nous manquons quelque peu d'éléments : par exemple, où le droit de visite s'exerce-t-il ? A Genève ou sur France ? Quelle est la nationalité de vos enfants ? De leur père ? Les violences conjugales ont-elles eu lieu en Suisse ou en France ?
Ce que nous pouvons vous suggérer, si les visites ont lieu en Suisse, serait de prendre contact avec le Service de protection des mineurs à Genève pour vous renseigner de façon plus précise sur ce qu'il y a lieu de faire. Si vous le souhaitez, vous pouvez garder l'anonymat. Tél. 022 546 10 00. Il existe en Suisse la possibilité d'instaurer des visites "surveillées" dans un endroit neutre, s'il est avéré que les enfants ont à pâtir de l'exercice du droit de visite d'un de leurs parents.
Si les violences conjugales auxquelles vous avez été confrontée par le passé ont eu lieu en Suisse, vous avez droit aux consultations juridiques gratuites d'un centre LAVI (service d'aide aux victimes d'infractions). Pour Genève, tél. 022 320 01 02.
En revanche, si elles ont eu lieu en France, vous pouvez consulter le site Internet de la fédération nationale Solidarité femmes et/ou appeler le numéro 3919. On y sera mieux à même de vous renseigner sur les options qui sont les vôtres actuellement : en effet, notre site étant basé en Suisse, nous connaissons plutôt les procédures en vigueur dans ce pays.
Nous vous souhaitons, à vous et à vos enfants, bonne chance pour 2013 et un avenir empreint de joie et d'harmonie.
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