Vous êtes une personne LGBTIQ+ et vous êtes confronté-e-x à de la violence dans un couple?

Discriminations basées sur l’orientation sexuelle et affective ainsi que sur l’identité de genre

Faisant face à diverses formes de discriminations dans notre société, les personnes LGBTIQ+ ont plus de risques d’être confrontées à différentes formes de violence au cours de leur vie (inégalité des droits concernant le mariage et l’adoption, discrimination sur le marché du travail, dans les écoles et les services de santé, rejet de la part de la famille, agressions physiques et sexuelles, insultes, manque ou absence de représentation, etc.). Ce contexte particulier peut générer des difficultés spécifiques pour les personnes LGBTIQ+ pris dans une situation de violence au sein du couple. Il devient alors plus difficile de réagir et de demander de l’aide.

Il est difficile d’en parler

Il n’est jamais facile pour les victimes ou les auteur-e-x-s de violence de couple d’en parler autour de soi et de demander de l’aide. Plusieurs facteurs rendent ce pas encore plus difficile pour les personnes LGBTIQ+.

  • Les proches et l’entourage ne sont pas toujours au courant de la relation. Parler de la violence signifie parfois devoir faire son coming out auprès de sa famille, de ses ami-e-x-s ou de ses collègues. 
  • Lorsqu’on décide de demander de l’aide à des professionnel-le-x-s, il devient nécessaire de dévoiler son orientation sexuelle et affective et/ou son identité de genre auprès des services d’aide et de la justice. Cela peut être perçu comme un frein.
  • Les ami-e-x-s de la victime sont souvent aussi des connaissances de l’auteur-e-x. Les proches préfèrent alors garder leur distance par rapport à cette situation pour ne pas prendre parti pour l’un-e ou l’autre partenaire. Il peut alors être difficile de trouver des personnes de confiance auprès de qui trouver un soutien.
  • Les personnes LGBTIQ+ peuvent se sentir particulièrement isolées lorsqu’elles sont confrontées à de la violence dans leur couple.

Il arrive que les professionnel-le-x-s des milieux social, médical ou juridique ne soient pas suffisamment formé-e-x-s à accueillir des personnes LGBTIQ+,  ce qui peut avoir des conséquences significatives sur la qualité de la prise en charge et de l'accompagnement des personnes concernées. De plus, les actions de sensibilisation et de prévention grand public ciblent souvent uniquement les personnes hétérosexuelles cisgenres. Ces facteurs peuvent contribuer à ce que les personnes LGBTIQ+ soient moins informées et/ou se sentent moins en confiance et/ou légitimes à demander de l’aide professionnelle et briser le silence.


www.violencequefaire.ch dispose d’une équipe de personnes sensibilisées aux questions de violence dans les couples LGBTIQ+.

Des violences spécifiques

La violence dans le couple peut prendre différentes formes (physique, psychologique, sexuelle et économique).

Elle peut notamment se manifester par la menace de « dévoiler » l’orientation sexuelle et affective et/ou l’identité de genre et/ou la relation (coming-out forcé/outing), ce qui peut avoir de lourdes conséquences émotionnelles, professionnelles et familiales selon le contexte de la personne concernée.

Couples avec enfants

Que l’on soit une personne LGBTIQ+ ou pas, l’arrivée d’un enfant est un événement marquant qui peut modifier la dynamique du couple et provoquer ou révéler des tensions et divergences entre partenaires.

Le fait que le droit suisse ne reconnaisse actuellement que le parent biologique et pas l’autre (parent non statutaire) crée une asymétrie entre les partenaires. Celle-ci peut provoquer un sentiment d’insécurité chez le parent non-statutaire, voire créer un rapport de pouvoir entre le parent reconnu par la loi et celui qui ne l’est pas. En cas de violences, le parent non-statutaire peut craindre d’être séparé-e-x de son ou ses enfants si iel demande de l’aide ou dépose plainte.

Les "familles arc-en-ciel" peuvent également avoir l’impression de devoir être encore plus parfaites que les autres pour éviter les critiques. Dans ce contexte, il peut donc aussi être difficile de parler d’éventuels dysfonctionnements au sein du couple.