S'accorder un temps de répit

Lorsqu'on est victime de violence de la part de son/sa partenaire, il est difficile de voir clair dans la situation sans s'éloigner, au moins momentanément. Mettre une distance permet de vous retrouver, de reprendre confiance en vous et de faire le point.

Reprendre votre souffle

Vous ne supportez plus la violence. Vous vous sentez piégé-e, vous ne savez que faire. Accordez-vous un temps de répit. Une séparation même temporaire est bénéfique. A l’écart de la violence, vous pourrez vous retrouver et mieux réaliser l'engrenage destructeur dans lequel vous êtes pris-e, identifier vos besoins et les moyens dont vous disposez pour vous préserver. Vous pourrez choisir ensuite l'option que vous estimez la mieux adaptée, reprendre la vie commune ou vous séparer de votre partenaire. Si vous décidez de poursuivre la relation, vous saurez mieux poser vos limites et vous aurez pris confiance dans vos capacités. Vous saurez que vous avez des ressources pour prendre de nouvelles décisions.

Partir est un droit

Si votre partenaire est violent-e, partir est un droit. Vous pouvez en tout temps quitter le domicile conjugal pour quelques jours ou définitivement. Il n’est pas nécessaire de signaler votre départ au poste de police ni de demander l’autorisation de la justice. En partant vous ne perdez pas vos droits par rapport à votre logement, à vos biens, ou à vos enfants.

Si vous avez des enfants, vous pouvez les prendre avec vous, cela constitue un acte de protection ; les laisser au domicile pourrait être interprété en votre défaveur. Mais même si vous devez partir seul·e, vous avez la possibilité de demander rapidement au juge qu’une décision soit prise pour l’attribution de la garde. Il est conseillé de s’adresser le plus rapidement possible à la justice ou à un·e avocat-e. Tant qu'une décision judiciaire concernant le droit de garde n'a pas été rendue, les deux parents ont les mêmes droits et devoirs envers leur·s enfant·s.

Où séjourner?

Dans les plupart des cantons, des centres d'accueil peuvent accueillir des femmes violentées et leurs enfants. Dans un cadre assurant votre protection, vous bénéficierez d'une écoute en toute confidentialité, de conseils appropriés et d'un soutien pour des démarches juridiques si vous souhaitez en engager.

Si votre sécurité n’est pas menacée, vous pouvez aussi séjourner chez des proches ou à l'hôtel selon vos moyens. Pensez dans ce cas à consulter l'un des services d'aide spécialisés de votre région. Un soutien extérieur vous aidera à voir plus clair dans votre situation.

Contactez notamment le centre LAVI de votre choix qui vous aidera à trouver un hébergement, même si vous n’avez pas d’argent ou de permis de séjour (au moins temporairement dans ce deuxième cas).

Soyez très vigilant-e

L'expérience indique que les moments de séparation sont particulièrement dangereux. Votre partenaire est mis face à la situation qu'il/elle redoutait le plus. Le risque de violence est alors très élevé

Pour votre sécurité :

  • Évitez qu'il/elle apprenne vos projets. Ne lui dites pas que vous allez partir. N'en parlez pas non plus à vos enfants ou à vos proches si cela présente le moindre risque;
  • Préparez votre départ;
  • Partez quand votre partenaire est absent-e;
  • Ne lui laissez pas l'adresse de votre lieu d'hébergement;
  • Évitez de vous retrouver seul-e dans des endroits sombres ou peu fréquentés;
  • Si vous subissez des violences une fois parti-e, ne vous découragez pas. Vous pouvez encore agir.