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Questions/réponses

Violence sous emprise de l'alcool. Que faire ?

05 avril 2018 - Lal...

Bonjour, Je vais essayer de faire court ! Depuis sa retraite, mon mari est devenu alcoolique et a le vin méchant. Il a fait une cure de 6 semaines, imposée par son médecin. À tenu cinq mois et a replongé, malgré nos discussions, ses promesses et le fait que je lui redonnais une chance mais pas deux. J’ai à nouveau subi des agressions verbales terribles et quelques bousculades. Et voilà, qu’alors je commençais à mettre des balises en place pour mon départ, il a arrêté du jour au lendemain pour récupérer son permis de conduire. Il est charmant, serviable, agréable. Une autre personne lorsqu’il n’est pas sous influence de l’alcool. Il veut repartir d’un bon pied dans notre vie de couple, est conscient de m’avoir fait du mal, veut réparer. Je suis complètement déstabilisée car je n’arrive pas à suivre son mouvement, ayant été détruite à l’intérieur de moi. Je le lui ai dit et il m’a répondu que tout pouvait redevenir comme avant. Je ne sais plus sur quel pied danser.

Notre réponse :

Bonjour Madame,

Votre mari a des comportements violents, notamment sous l’emprise de l’alcool. Après quelques mois d’abstinence et de promesses, il a recommencé à boire et s’est à nouveau montré violent envers vous. Vous songiez alors à le quitter, mais il a soudainement arrêté sa consommation d’alcool et se montre aujourd’hui agréable et dit vouloir réparer le mal qu'il vous a fait. Vous vous sentez perdue face à ce revirement de situation et ne savait plus quelle décision prendre. Ce que vous vivez n’est pas facile et vous faites bien de chercher les conseils de professionnel-le-s pour vous aider à y voir un peu plus clair.

Vous subissez de la violence psychologique (agressions verbales) et physique (bousculades) de la part de votre conjoint. Cette violence, qui est interdite par la loi, engendre généralement des conséquences  néfastes sur la santé et le bien-être de la personne qui en est victime : état d’alerte permanent, honte, baisse d’estime de soi, sentiment de culpabilité, isolement, états dépressifs, blessures, etc. Sans doute en avez-vous déjà fait l’expérience ?

Rien ne peut justifier le recours à la violence dans une relation de couple. Il est vrai que la consommation d’alcool peut être un facteur aggravant ; elle peut précipiter le passage à l’acte et/ou intensifier les violences. Cependant, l’alcool ne peut être considéré comme la cause des comportements violents. Éliminer le problème d’alcool peut sans doute diminuer les violences, mais, dans la majorité des cas, cela ne permet pas d’éliminer définitivement la violence. Il est possible pour les auteur-e-s de violence d’apprendre à ne plus agir ainsi, mais sous certaines conditions seulement. La première condition est que votre époux prenne conscience que ses comportements sont problématiques et inacceptables et qu’il en assume l’entière responsabilité (sans chercher à mettre la faute sur l’alcool ou sur vous par exemple). La seconde est qu’il entreprenne un suivi auprès d’un service spécialisé qui pourra l’aider à comprendre sa violence et apprendre à gérer ses frustrations et/ou émotions négatives de manière non violente. A Lausanne, le Centre de Prévention de l’Ale (CPAle) offre une aide professionnelle et spécifique aux auteur-e-s de violence conjugale. Il peut appeler le 021 321 24 00 pour prendre rendez-vous. Si ces conditions ne sont pas réunies, il est peu probable que votre conjoint change durablement ses comportements et cesse de recourir à la violence. Le risque étant plutôt que votre relation d’installe dans ce qu’on appelle le cycle de la violence, dans lequel les moments de crise (violences) s’alternent avec des moments d’accalmie (excuses, minimisation, promesses, tendresse), et où la violence ne disparaît finalement jamais et tend plutôt à s’accentuer au fil du temps.

Nous aimerions vous suggérer quelques pistes de réflexions. Quelles sont vos envies et projets pour la suite ? Vous envisagiez de partir, qu’en pensez-vous aujourd’hui ? Votre conjoint serait-il prêt à entreprendre les démarches mentionnées plus haut pour ne plus user de la violence ? Pensez-vous qu’il puisse gérer sa consommation d'alcool sur le long terme ?  Vous nous confiez avoir été « détruite à l’intérieur de vous », pensez-vous pouvoir vous reconstruire et être prête investir à nouveau cette relation ? Quels que soient vos choix futurs, nous vous encourageons vivement à prendre contact avec le Centre d’accueil MalleyPrairie qui propose des consultations pour les personnes victimes de violence conjugale dans tout le canton de Vaud (Lausanne, Bex, Montreux, Vevey, Nyon, Orbe, Yverdon-les-Bains et Payerne). Ces professionnel-le-s sauront vous écouter, vous conseiller et vous accompagner dans les démarches que vous souhaiterez entreprendre. Ce service est gratuit et confidentiel, n’hésitez pas à le contacter au 021 620 76 76. Peut-être pourriez-vous aussi débuter un suivi auprès d’un-e psychothérapeute, afin de vous aider à vous reconstruire et réfléchir à ce qui est le mieux pour vous. Qu’en dites-vous ?

Nous espérons que notre réponse vous sera utile et vous souhaitons le meilleur pour la suite. Vous pouvez nous écrire à nouveau si vous avez d’autres questions ou simplement pour nous donner de vos nouvelles. Bien à vous.

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