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Questions/réponses

Suis-je victime de violence psychologique?

29 mars 2018 - Isa...

Bonjour, J'ai lu avec beaucoup d'attention les informations que vous présentez sur votre site (qui est le plus élaboré que j'ai trouvé sur internet, merci d'exister) et aussi une interview de l'auteur de femmes sous emprise et je me sens assez mal depuis. Je suis mariée depuis une quinzaine d'années et j'ai deux enfants et on peut dire que nous sommes tous les 4 assez peu heureux. En bref, pendant ces 15 ans mon mari m'a insultée de temps en temps (traitée de folle, de conne, salope et de pute par exemple ) alors que je ne pourrais même plus dire ce qui l'a conduit à faire ça tellement les discussions devaient être triviale, il sortait énormément et me dit rarement quand il va rentrer (parfois cela a été 24h. plus tard). Dans ses crises de colère il a renversé une table, cassé une bouteille, cassé des cadres de portes tellement il les claquait fort, il a menacé deux fois de jeter mon ordinateur (en le tenant à bout de bras devant la fenêtre ouverte) parce que je ne l'écoutais pas (dans ses crises, je l'ignore de plus en plus). De même dans ces moments-là, il m'a aussi retenue par les poignets pour m'obliger à l'écouter. Le pire du pire pour moi, c'est qu'il m'a dit qu'il allait se suicider et que ce serait entièrement ma faute. Comme je trouvais cela très lourd à porter je lui ai dit que s'il me redisait cela encore une fois (il l'avait fait quelques fois avant que je réagisse), j'appellerai la main tendue ou un organisme de cette sorte car je ne porterais pas cette responsabilité. A ce moment-là je croyais encore à une sorte d'appel au secours avant de voir votre site et l'interview maintenant je me rends compte qu'il a la maitrise de ce qu'il dit car depuis qu'il sait que j'en ferai mention à un organisme, il ne le dit plus. Il ne m'a jamais frappée et je ne pense pas qu'il cherche à me contrôler mais plutôt que je suis son punching ball face à une vie qui ne lui fait pas de cadeau (il ne trouve pas de travail, n'arrive pas à faire un lien avec ses enfants qu'il aime pourtant ...). Néanmoins ma décision est prise, je vais me séparer car une relation comme celle-ci n'est pas saine et nous en souffrons tous. Ce qui m'ennuie c'est que depuis qu'il a fait une crise de colère face à sa famille, il a commencé une thérapie et apparemment (il ne me dit rien, je dois chaque fois lui sortir les vers du nez) il serait sous anti-dépresseurs. Depuis, il est plus calme mais je sens qu'il continue à penser que je suis "la méchante", la responsable de tout ce qui se passe mal, c'est comme une sorte de colère sourde avec des sourires sarcastiques. Alors, ma question, à votre avis, suis-je victime de violences psychologiques et si oui, quelle pourrait être ma part de responsabilité dans cette situation? Suis-je sensée attendre qu'il aille mieux pour le quitter ou est-ce que la suite des événements ne me concerne pas vraiment. Je me sens coincée entre faire ce qui est mieux pour nos enfants et moi et ce qui serait humain de faire pour lui. Le jour où il réalisera que la séparation est inévitable (je lui en parlé quelques fois mais il élude la question à chaque fois), je ne sais vraiment pas comment il réagira. Tout est possible: la prostration, la colère, les coups, le suicide... Y a-t-il des moyens de se prémunir des réactions irrationnelles (les coups et le suicide en particulier)? En vous remerciant pour votre écoute.

Notre réponse :

Bonjour Madame,

Merci tout d'abord pour votre appréciation du site. Etre bien informé-e permet de comprendre sa situation afin de mieux cerner ses sentiments et ses attentes, et d'entamer une réflexion au besoin.

Mettre des mots sur ce que l'on vit peut faire ressurgir des émotions douloureuses, il s'agit toutefois d'une étape nécessaire pour prendre conscience de ce que l'on traverse. C'est le chemin que vous semblez prendre actuellement. Vous tirez un bilan peu satisfaisant de cette relation, pour vous comme pour votre famille, puisque vous vous décrivez comme "tous les 4 assez peu heureux". Vous évoquez également des insultes, des comportements qui vous mettent dans l'insécurité (ne pas savoir combien de temps votre mari sera sorti), des menaces et de la violence sur des objets (intimidation). Ces comportements semblent récurrents et indiquent qu'un cycle de violence s'est mis en place au sein de votre couple. Pour répondre à votre question, il s'agit bien de violence psychologique.

Vous vous demandez quelle est votre responsabilité : vous comme lui avez pris "l'habitude" (c'est un engrenage) qu'il décharge sa colère et ses frustrations sur vous. Son comportement est inacceptable, il est pleinement responsable de ses actes comme de ses paroles. Vous avez d'ailleurs remarqué qu'il "a la maitrise de ce qu'il dit". De votre côté, vous vous rendez compte que cette "habitude" est malsaine : vous n'êtes effectivement pas "la méchante" responsable de tout ce qui ne va pas dans la vie de votre mari. De plus, vous n'êtes pas heureuse et vous sentez que vos enfants non plus. Les deux parents sont responsables de la sécurité et du bien-être de leur-s enfant-s et vous en avez pris conscience. 

Cependant, votre mari a entrepris une thérapie et cela vous fait douter. Ce point nous paraît peu clair, nous manquons peut-être d'informations : l'a-t-il fait pour sauver son couple et sa famille ou suite à la honte d'avoir fait une crise devant sa famille? Un couple sain est basé sur une communication saine. Pourquoi ne pas vous tenir informée de sa thérapie? Refuser de communiquer peut être synonyme de vouloir garder le contrôle, le pouvoir, sur une situation ou sur son entourage.

Vous semblez claire sur votre décision de le quitter mais redoutez une recrudescence de violence de sa part. Votre peur est légitime : le moment de l'annonce de la séparation ou la séparation effective peut engendrer un pic de violence. Vous avez donc raison de vouloir vous y préparer, afin d'éviter tout danger pour vous comme pour vos enfants. Vous pouvez par exemple prévoir des solutions de repli, chez des amis ou de la famille, mettre de côté des documents importants, préparer en avance et discrètement un sac avec des habits et quelques effets personnels, etc.

Des professionnel-le-s sont aussi là pour vous aider, vous conseiller et vous soutenir. Vous pouvez par exemple vous mettre en contact avec la fondation l'EssentiElles, qui propose un soutien pour les personnes victimes de violences psychologiques. Ils/elles pourraient vous aider à préparer ce moment difficile.

Nous espérons que ces quelques lignes vous seront utiles et que votre démarche vous permettra de retrouver le bonheur et celui de vos enfants. N'hésitez pas à nous poser d'autres questions ou à nous tenir au courant si vous en avez envie. Meilleures salutations.

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