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Questions/réponses

Je suis partie mais il me manque. Je suis complètement perdue.

28 octobre 2018 - Viv...

Bonjour, je vous écris car je suis complètement perdue. Je suis en couple depuis 6 ans avec mon copain. C’est quelqu’un d’extrêment gentil, il est attentionné et serviable envers moi, il faut toujours passé mon bonheur avant le mien seulement voilà quand on se dispute ( des grosses disputes) il me pousse sur le lit ou le canapé et dans 80% des cas me donne un coup, pas forcément très fort mais un coup quand même. A chaque fois on se dispute pour un sujet vraiment bête dont on ne se souvient pas le lendemain. Petit à petit j’ai eu peur de ces réactions quand on se disputait. Il y a une plusieurs fois ou j’ai eu des marques, cet été on se disputait en voiture et il m’a donné un coup assez fort sur l’oeil. Le lendemain j’avais l’oeil un peu gonflé. A Noël passé il m’a mit la main sur le coup, la bouche et le nez en disant qu’il allait me tuer. A chacune des ces grosses disputes ou vraiment il allait trop loin je voulais partir mais où je ne le faisais pas ou je revenais. Après ça il était où du moins semblait conscient que se qu’il avait fait était mal et disait qu’il fallait que ça recommence mais ça recommençait quand même. Pas à chaque dispute des coups violents mais des bousculades ou prendre mes bras et les mettre contre le mur de manière à se que je sois immobilisée disons. C’est quelqu’un qui a eu une mère alcoolique qui le tapait quand il était petit, sa mère est ensuite décédee et son père et son frère le tapait. J’ai toujours eu énormément de peine vis à vis de se qu’il a vécu et même si je n’acceptait pas cette violence sur moi je la comprenais vu se qu’il avait vécu plus jeune. C’est quelqu’un qui ne se laisse pas faire non plus et qui réagit au quart de tour. Il s’enerve vite et voudrait taper une personne qui nous couperait la route en voiture par exemple. A chaque fois qu’il y avait des tensions ou du stress on se disputait même en vacances on se disputait. C’est également qqq qui pense tout savoir et qui n’accepte pas que les gens puissent avoir un avis différent de lui. Nos rapports sexules étaient aussi catastrophiques, je n’avais presque jamais envie et il me le reprochait. C’etait également un sujet de tension et de disputes. Depuis un mois je suis partie, durant toute ces années j’avais l’espoir qu’il changerait c’est probablement pour ça que j’ai mis autant de temps à partir. Je lui ai dis de voir qqq car il avait besoin d’aide mais il ne veut pas, il dit que ça ne sert à rien et que de toute façon il se fait sa psychothérapie dans sa tête tout seul. Il est sans cesse en train de répéter que je garde le négatif en moi et que je le regretterais plus tard. Je ne peux pas et plus accepter ces comportements mais pourtant je me sens coupable d’etre partie et je me dis que peut-être cette fois il pourra changer. Je ne sais plus quoi penser je suis complément perdue. En plus la plupart du temps il remet la faute sur moi, il est sans cesse en train de dire que c’est moi le problème. Il dit que si il s’énerve comme ça c’est qu’il ressent que je ne l’aime pas assez. Je ne sais pas si ma décision était la bonne. Je pense que oui mais quand je repense à tout nos bons moments c’est dur

Notre réponse

Bonjour Madame, 

Vous avez récemment quitté votre copain après 6 ans de relation et vous vous sentez "complètement perdue". La peur, l'état d'alerte, la culpabilité, la honte de rester/partir, etc. sont des conséquences de la violence et des réactions normales face à une situation qui ne l'est pas. Ce que vous vivez est difficile et nous comprenons votre demande d'aide.

Vous avez raison de ne pas minimiser les coups que votre copain vous a donnés : un coup est un coup, et les actes que vous décrivez sont de la violence physique. Vous nous dites également qu'il vous a menacée de mort à Noël passé, ce qui est une forme de violence psychologique. Vous expliquez que vos rapports sexuels étaient "catastrophiques" et "sujets de tensions et de disputes", votre copain vous reprochant de ne pas avoir envie. Ces reproches ont pu amener à des violences sexuelles, comme des contacts sexuels contraints, par exemple. 

La violence au sein du couple est interdite par la loi. Il nous semble que vous habitiez avec votre copain. Dans ce cas, certains actes de violence (comme les menaces de mort et violences laissant des marques visibles) sont poursuivis d'office. C'est-à-dire qu'une procédure pénale est ouverte dès que les autorités (police ou justice) ont connaissance de ces infractions, même si la victime ne porte pas plainte.

Bien que chaque situation de couple soit unique, la situation que vous nous décrivez rappelle le principe du cycle de la violence, et la période de « lune de miel » contenait certainement les « bons moments » que vous mentionnez. Sortir d'une situation de violence est difficile, mais vous avez fait ce pas. Nous vous en félicitons. Souvent, il est appréciable d’être soutenue dans cette démarche.

Ainsi, vous pouvez contacter l'association d'aide aux victimes de violence en couple (AVVEC). La permanence téléphonique répond les lundis, mardis, jeudis et vendredis de 14h à 17h et les mercredis et vendredis de 9h à 12h, au 022 797 10 10. Il existe également une permanence sans rendez-vous les mardis de 16h à 18h (Rue de Montchoisy 46, 1207 Genève). Les prestations, sauf l'hébergement, sont gratuites. Les professionnel-le-s d'AVVEC vous offre un soutien psychologique ainsi que des informations juridiques et pratiques pour votre situation.

Le Centre LAVI vient également en aide aux victimes de violence. Les professionel-le-s de ce centre peuvent vous apporter une aide psychologique, juridique, sociale, médicale et/ou matérielle selon votre situation et besoins. Vous pouvez les appeler au 022 320 01 02 pour prendre rendez-vous, tous les jours ouvrables de 9h à 12h puis de 14h à 17h sauf le jeudi matin. Les prestations sont gratuites et confidentielles.

Quel que soit le soutien que vous choisissez, pouvoir explorer les choix qui s’offrent à vous avec des spécialistes est essentiel. La séparation n’est pas nécessairement l’unique solution, pour autant que l’auteur-e prenne ses responsabilités. Si le passé de votre copain peut expliquer pourquoi il gère le stress et la colère de cette manière, rien n’excuse la violence. Il est en effet possible qu'il change son comportement violent, mais cela nécessite une aide extérieure spécialisée comme vous le lui avez justement conseillé. Or, il ne semble pas prêt à faire cette démarche. Dès lors, vous avez bien fait de vous éloigner pour assurer votre sécurité. Les professionnel-le-s précité-e-s peuvent également vous conseiller sur ce dernier point, car la séparation est une période où les violences peuvent augmenter.

N'hésitez pas à les contacter, ou à nous réécrire si vous en ressentez le besoin, pour nous poser d'autres questions ou nous donner de vos nouvelles, par exemple.

Nous vous envoyons nos meilleures pensées. Prenez soin de vous.

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