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Questions/réponses

J'ai peur dès qu'il est sous drogue. Je suis partie de chez moi et je crains le retour...

30 août 2020 - Nes...

Voilà, je me retrouve pour une xeme fois dans le même cas... Il rentre de soirée. Passé une nuit blanche à boire. Il a sniffer de la coke toute la soirée. Et c'est à ce moment là qu'il veut parler. Le ton monte car venant d'une famille d'ancien toxico je ne supporte pas cet état. Je lui demande de me laisser tranquil... Mais plus je le fais... Plus il fonce... Il n'a jamais été violent physiquement, mais c'est dans ses paroles. Il me rabaisse. Il me menace de me couper les vivres de prendre mes filles, j'ai Tjs eu les épaules assez solide pour laisser mes filles hors de ça. Mais aujourd'hui j'ai eu très peur... Je me suis protéger derrière elles car je ne savais plus quoi faire pour qu'il me laisse en paix.. Normalement j'ai aussi les épaules assez solide pour ne pas prendre à la lettre ce qu'il dit. Mais aujourd'hui c'est trop... Je suis même à un stade où je voudrais appeler la police pour le faire sortir de chez moi. Je suis parti précipitamment, et je crains le retour chez moi....

Notre réponse

Bonjour Madame,

Vous avez décidé de nous écrire car pour la première fois vous avez eu très peur de votre conjoint et vous vous êtes réfugiée derrière vos filles. Vous êtes pourtant habituée à ses excès d’agressivité et de violence psychologique, à ses menaces et à son état lié à sa consommation de drogue. Jusqu’à présent vous aviez toujours réussi à tenir vos filles hors de portée mais cette fois-ci c’en était trop. Vous avez quitté en urgence votre domicile et avez même hésité à appeler la police. A l’heure de votre message, vous craignez le retour chez vous.

Qu’en est-il depuis ? Etes-vous retournée chez vous ? Avez-vous trouvé un endroit où vous réfugier ? Votre message et la force dont vous faites preuve a retenu toute notre attention. Vous décrivez en peu de mots mais avec beaucoup de portée les violences psychologiques que vous subissez. Les menaces, le rabaissement, les humiliations, le chantage ne laissent pas de marques sur le corps comme les violences physiques mais blessent tout autant. Elles détruisent petit à petit la confiance en soi. Vous dites avoir toujours eu les épaules assez solides pour encaisser et prendre du recul. Mais cette fois-ci, vous avez aussi su réagir, entendre les signaux de peur en vous et vous mettre en sécurité. Que vous soyiez déjà retournée à votre domicile ou non, vous pouvez à tout moment contacter le Centre de consutation Lavi à Genève (022 320 01 02) qui propose diverses aides; psychologiques, juridiques mais également pratiques, comme un hébergement d’urgence pour toute personne victime de violence. En dehors des heures d’ouverture du Centre, vous pouvez contacter le foyer le Pertuis au 022 309 57 28. Des professionnel-le-s pourront vous accueillir vos filles et vous.

Les comportements de votre mari ne sont pas acceptables. Sachez que vous avez le droit d’appeler la police (117) si vous vous sentez en danger. Dans le canton de Genève, la police a la possibilité d’éloigner le ou la conjoint-e ayant recours à la violence pour une certaine durée (au minimum 10 jours), il s'agit de la Loi sur les violences domestiques (Section 2 Mesures d'éloignement). Cette action permet à la personne victime d’avoir un temps de répit pour souffler et entreprendre des démarches si elle le souhaite, et pose clairement une limite face aux comportements violents.

A Genève, vous pouvez également prendre contact avec l'association AVVEC au 022 797 10 10 qui propose une aide et une écoute à toute personne victime dans son couple. 

Vous dites avoir toujours réussi à tenir vos filles hors de portée de la violence. Cette intuition est bonne et les parents sont garants de la sécurité de leurs enfants. Par ailleurs, bien que non visés directement par les violences, les enfants sont toujours impactés par celles-ci, par le climat de tension et de peur qui peut régner et par les émotions qui traversent leurs parents. Vous n’avez pas à culpabiliser de vous être réfugiée derrière elles lors l’évènement que vous décrivez. Vous avez agi en urgence, face à un danger et nous comprenons que vous ne souhaitez pas que cela se reproduise. En effet, il y a d’autres solutions que vous pouvez mettre en place afin de vous protéger vous ainsi que vos filles. Nous vous recommandons chaudement de ne pas rester seule face à ce que vous vivez et à solliciter l’aide des professionnel-le-s spécialisé-e-s qui pourront vous soutenir et vous accompagner à trouver des solutions afin que cette situation qui ne peut pas durer change. Autour de vous, est-ce que vous avez quelqu'un à qui vous confier? Un-e proche, un-e ami-e, une personne de confiance est-elle au courant?

Nous n’avons aucun doute sur la femme forte que vous êtes, mais nous n’avez pas à devoir « supporter » les états du père de vos filles. Lui seul est responsable de ses agissements qu'il soit sous drogue ou non. Des aides existent pour lui également s’il souhaite changer, notamment concernant sa consommation de drogue. Aujourd’hui vous ne pouvez pas agir à sa place, mais vous pouvez décider de ce que vous souhaitez comme quotidien pour vous et vos filles.

Nous espérons que ces pistes vous seront utiles et que cette réponse vous trouvera au plus vite. N'hésitez pas à nous écrire à nouveau et à nous donner des nouvelles si vous le souhaitez. Bonne route à vous.

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