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Questions/réponses

7 mois plus tard, tout ressort. Je pleure, je m’épuise, je ne sais pas quoi faire

21 juillet 2018 - Sal...

Bonjour, Je suis restée en relation 2 ans avec mon ami. J'ai subi durant ce temps de nombreuses insultes et aussi des gestes violents. En fin d'année 2017, suite à une gifle, j'ai décidé de partir et de retourner vivre chez mes parents. Ils m'ont ensuite aidé à déménager et j'ai coupé tous les ponts avec lui. Mes amis et mes proches ont une version très édulcorée de tout ce qui s'est passé, je n'arrive pas en parler. Je dis simplement qu'il n'était pas adéquat dans ses paroles et me faisait peur. Je me rends bien compte que c'était plus que ça. Durant cette relation, je me sentais très mal, notamment avec des crises d'angoisse et des insomnies. Tout a disparu directement après ma rupture. Je me sentais libre et soulagée. Mais actuellement, 7 mois plus tard, tout ressort. Je repense à de nombreuses choses. Je pleure dès que je me retrouve seule. Pour éviter ça, je passe des semaines très chargées et me planifie des activités en permanence. J'ai l'impression de m'épuiser. Je ne sais pas quoi faire...Attendre que tout ça passe ou se faire aider d'une certaine manière ? Comment ? Merci d'avance pour votre réponse.

Notre réponse :

Bonjour Madame,

Après deux ans de vie commune avec votre ami en ayant subi de nombreuses violences psychologiques, ainsi que des violences physiques comme la gifle, vous l’avez quitté. A votre départ, vos parents vous ont aidée dans ce passage et vous avez pu vous confier à vos amis, mais que de façon « édulcorée » car, de la relation, vous n’arriviez à en évoquer qu’une partie, sans pouvoir nommer l'emprise et le cercle vicieux de la violence.

La version que vous avez alors partagée avec vos proches semble en effet bien différente de celle que vous aviez vécue, puisque, d’avoir été confrontée à ces violences, en partie invisibles, vous a semble-t-il marquée au plus profond de votre être. A ce jour, vos pensées s’en trouvent envahies et votre vie en est altérée.

Les violences subies durant la relation vous ont fait vivre des moments de crises, d’angoisses et des insomnies. Au moment de la rupture avec votre ami, vous avez été libérée de ces symptômes mais vous vous retrouvez sept mois plus tard à nouveau affligée par les conséquences de la violence, avec en plus, le sentiment de vous épuiser dans une forme de fuite en avant.

Vous avez raison de vous en inquiéter et de vous adresser à nous dans l’espoir de trouver de l’aide. Il arrive parfois que la seule évocation d’un événement fasse ressurgir une veille blessure que nous croyions guérie et il est important tout d’abord d’en parler, puis d’agir pour trouver une voie dans laquelle vous pourrez sortir de vos ressentis négatifs et vivre de manière plus sereine.  

Même si cela peut vous paraitre douloureux, vous faites bien de ne pas banaliser ni d’essayer de tourner la page en attendant « que tout ca passe », sans revenir sur ce que vous avez vécu. Soyez bienveillante avec vous-même car vos réactions sont normales face à des événements qui ne l'étaient pas. Pour vous accompagner dans cette démarche, vous pouvez chercher un-e psychologue qui pourrait nommer ce qui vous arrive, vous expliquer les raisons de l’émergence de ce genre de symptômes et entamer un suivi pour vous aider à comprendre, puis cicatriser vos blessures émotionnelles. Avoir été victime vous donne des droits, et ce suivi pourrait en partie être pris en charge par le Centre LAVI. N'hésitez pas à les contacter pour avoir plus d'informations. 

Vous pouvez aussi vous adresser au Centre MalleyPrairie, qui propose des entretiens gratuits centrés sur la violence conjugale, à Lausanne et dans le canton de Vaud. Leur expertise pourrait vous aider à mettre des mots sur ce qui est indicible. Il existe aussi un groupe de parole, si une approche groupale vous intéresse.

En nous écrivant, vous avez fait le premier pas pour mettre fin aux conséquences de la violence et ne plus rester seule face à elles. Nous saluons votre initiative et vous invitons à poursuivre sur cette voie. Vous avez toutes les ressources pour le faire, épaulée par les professionnel-le-s sus-mentionné-e-s. Nous restons à disposition en cas de besoin et vous envoyons nos meilleures pensées pour vous accompagner dans votre parcours. Prenez bien soin de vous.

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