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Questions/réponses

Violence conjugale des nos parents, comment agir/parler/soutenir/en temps qu'enfant-adulte ?

26 mars 2020 - Eih...

Mes soeurs et moi-même sommes témoins de la violence conjugale psychologique et physique de nos parents de part et d'autre. Nous n'avons jamais pris partie à leurs disputes/histoires et ne savons pas toutes les reproches qu'ils se disent. Nous pensons que c'est leur histoire de couple. Nous savons depuis longtemps qu'ils ne s'entendent plus vraiment, avec des périodes de crises et de "reconciliation/pardon?". Cependant, actuellement, il y a une accumulation d'évènements : décès de notre grand-maman, forte sollicitation de notre mère pour ses parents confinés dans leurs maison et le mauvais état de santé mentale et physique de notre père et de notre mère. Cette période déstabilisante, stressante et fatiguante ne va pas en s'améliorant puisqu'ils sont confinés ensemble à la maison à cause du coronavirus. En tant qu'enfant, nous ne savons pas comment maintenant agir/parler/soutenir car avons peur qu'il y une dégénération de la violence au sein de leurs couple. Nous ne vivons plus à la maison depuis longtemps, mais cela ne veut pas dire que leurs santé ne nous affectent pas et nous nous faisons du soucis pour eux quant à la violence qu'ils génèrent au lieu de se soutenir dans ces temps difficiles. Je vous remercie d'avance pour votre aide et soutien.

Notre réponse

Madame,

Vous et vos sœurs êtes témoins de la violence psychologique et physique qui subsiste dans le couple de vos parents, et ce depuis de nombreuses années. Vous êtes inquiètes que la situation empire à cause du confinement lié aux mesures instaurées avec le Coronavirus et les facteurs de stress qui les entourent actuellement. Vous cherchez des pistes pour pouvoir les aider à surmonter cette épreuve.

Nous comprenons vos inquiétudes qui sont légitimes dans le contexte actuel, mais qui le sont aussi hors contexte de coronavirus. La violence conjugale a cette faculté d’imposer un sentiment d’impuissance que l’on y soit confrontée de l’intérieur comme de l’extérieur, et vous êtes bien placées vous et vos sœurs pour en parler, ayant vécu des deux côtés. Le pas que vous faites ici est important car c’est le premier à faire, sortir du silence et ne pas rester seule face à de tels dysfonctionnement de couple et de famille. Vos parents ont de la chance de vous avoir auprès d’eux.

Le fonctionnement de couple que vous décrivez entre les crises et les réconciliations sont typiques de ce que l’on nomme cycle de la violence et qui s’installe peu à peu au fil du temps. Ce schéma s’inscrit dans les différentes formes de violences et comporte un risque pour la santé psychique et physique, toute réalité étant alors biaisée sur ce qui est normal et ce qui ne l’est pas. C’est un véritable engrenage dont il est difficile de sortir sans soutien extérieur que ce soit de l’entourage ou de professionnel-le-s. Il en est de même pour les enfants qui se voient affecté-e-s (de près ou de loin) par les conflits qui habitent leurs parents.

Il reste à savoir si vos parents, ou déjà au moins l’un des deux, seraient preneurs d’une démarche de demande d’aide ? Y a-t-il une prise de conscience de leur part ? Sont-ils prêts à chercher du soutien ? Leur engagement est nécessaire pour pouvoir débuter un processus pour sortir de la violence, eux seuls peuvent le faire. Toutefois, en cas de danger et d’urgence, vous, vos sœurs ou l’un de vos parents, peut faire appel à la police au 117.

Pour des conseils plus détaillés, il vous est possible de prendre contact avec le Service d’aide aux victimes (centre LAVI & Solidarité Femmes) de Neuchâtel au 032 889 66 49. Des professionnel-l-e-s de la problématique pourront répondre à vos questions et éventuellement vous orienter dans le réseau de soin adapté aux besoins de la situation. Vous pourrez leur faire part de votre récit en tant qu’entourage mais aussi enfant témoin de la violence conjugale, et ils vous apporteront des pistes pour trouver le soutien adéquat.

Nous espérons avoir pu répondre au mieux à votre demande et souhaitons vivement que vous trouviez l’aide dont avez besoin. N’hésitez pas à nous solliciter à nouveau pour d’autres questions ou même donner des nouvelles.

Bien à vous.

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