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Questions/réponses

Témoin de violence par mon fils

05 juillet 2018 - MMF...

J'ai été témoin hier soir de tentative de violence de mon fils sur sa femme devant leur fille de 2 1/2 ans.. je me suis interposee pour la protéger, il ne m'a pas bousculée mais essayait de toutes ses forces del la frapper. Jamais je n'ai vu une telle violence en lui..il voulait vraiment lui faire mal bien que la petite etait là. J'ai essayé de le rasonner et je l'ai retenu de toutes mes forces quand il voulait lui prendre la petite des bras en lui tirant les cheveux et je crois que je l'ai même mordu. Finalement jai reussi a l'isoler et l'ai enfermé dans la salle de bain. Tout est redevenu calme la nuit ils ont dormi séparément (nous sommes actuellement dans une maison de vacances les 3 + la petite). Maintenant lui est dans un etat de prostration..et moi choquée. .il n'est pas ressorti de la chambre depuis hier 19h (ilest 16h) je narrive pas a parler à ma belle fille (qui elle semble etrangement calme..mais gère bien devant sa fille Dieu merci.) au-delà des mots usuels de politese et elle aussi m'évite ! Je ne peux pardonner cet acte de mon fils et encore moins en présence de ma petite fille avec qui jai joué tte la journée pour la rassurer! Mais ,ceci n'excuse en rien cela, il faut dire que ma belle fille le pousse à bout avec ses continuelles remontrances +ses insultes a son encontre (p.ex fils de...mauvais pere etc..tu ne fais jamais rien..suis malheureuse avec toi etc..) par le passé il est deja arrivé quelques scenes d'hystérie de sa part ou cest elle qui l'a frappé et méchamment griffé) actuellement je ne sais pas quoi faire (bien sur a notre retour ce serait juste qu'ils se séparent un moment tant qu'ils ne commencent pas une terherapie) mais là nous avone encore une semaine a tirer..je suis seule avc eux et ai pris le parti de ne plus jamais les laissser seuls. J'aimerais parler à mon fils mais il ne veut pas..et aussi a elle..que dire? Comment entamer une discussion ? Le faire avec les deux ? Comment me comporter? Surtout avec ma petite fille..que lui dire ?? Comment la rassurer? Merci pour votre aide

Notre réponse :

Bonjour Madame,

Nous avons fait notre possible pour vous répondre dans le meilleur délai et espérons que les choses se sont calmées depuis le moment où vous nous avez contactés.

Vous nous dites avoir vu pour la première fois, votre fils essayer de frapper sa femme devant leur fille. Vous vous êtes interposée entre eux et avez réussi, non sans difficultés, à isoler votre fils. Depuis lors, les relations sont chamboulées et la communication interrompue. Vous ne savez pas comment parler à votre fils et avez le sentiment que votre belle-fille vous évite. Vous précisez que vous avez déjà été témoin de scènes dans lesquelles votre belle-fille agressait votre fils. Vous focalisez votre attention sur votre petite-fille et tentez de la rassurer. Vous vous questionnez sur comment gérer cette situation de crise, sachant que vous ne rentrez chez vous que dans une semaine. Vous avez eu raison de nous écrire. Etre témoin de violences surtout lorsqu'elles concernent les membres de sa propre famille, est quelque chose d'éprouvant qui génère un mélange de sentiments.

Tout d’abord, nous vous félicitons pour le grand courage dont vous avez fait preuve. Oser s’interposer, puis réussir à isoler votre fils n’a pas dû être chose facile. Vous n’avez cependant pas hésité à faire cela dans le but de protéger votre petite-fille. Votre attitude a rappelé aux différents protagonistes, que la violence n’est pas tolérable. Vous nous demandez comment rassurer votre petite-fille. Eh bien, vous interposer et intervenir pour la protéger lui montre qu’elle peut trouver de l’aide et du soutien auprès de vous. Bien qu’elle n’ait que deux ans et demi, elle peut reconnaître votre attitude protectrice. Ce premier pas est très important. Même s’ils ne le montrent pas toujours directement, les enfants sont toujours affectés par la violence.

Aussi, nous tenons à préciser que si vous êtes amenée à être témoin de scènes de violence à nouveau, si la situation dégénère et que vous estimez qu'il y a un danger, particulièrement pour votre petite fille envers laquelle vous avez une responsabilité de protection, vous pouvez appeler la police (117). Nous savons qu'il n'est pas évident de faire cette démarche, d'autant plus dans votre rôle de mère, mais l'intervention d'une autorité extérieure à la situation peut aussi marquer les limites à ne pas dépasser.

Vous nous demandez comment entamer une discussion avec votre fils ainsi qu’avec sa femme suite à cet évènement. Plusieurs jours sont passés depuis le moment où vous nous avez posé cette question. Est-ce que depuis lors un dialogue a pu avoir lieu ? Nous vous suggérons de parcourir ces conseils pratiques afin d’aborder le sujet avec votre fils ou votre belle-fille. Le sentiment de honte ou de culpabilité peut expliquer le silence qui a suivi l’évènement. Parfois, un temps est nécessaire pour que les émotions se calment avant de pouvoir briser la glace. Aussi, si votre belle-fille ou votre fils ne sont pas enclin à parler de cela avec vous, vous pouvez les orienter vers notre site internet www.violencequefaire.ch où ils pourront trouver des informations mais également parler de manière anonyme de ce qu'ils vivent.

De ce que nous comprenons, votre belle-fille semble avoir recours à de la violence psychologique ainsi que physique. Nous pensons en effet, que l’aide d’un-e professionnel-le est nécessaire pour rompre le cycle de la violence et faire en sorte que la situation ne s'empire pas, comme c’est malheureusement souvent le cas avec la violence conjugale. C’est pourquoi, il est important d’agir. Vous parlez de séparation, est-ce ce qu'ils ont prévu ? En plus de la séparation, nous suggérons à votre fils, ainsi qu’à sa femme d’entrer en contacter avec une association spécialisée (l'association AVVEC : aide aux victimes de violence en couple) dans les violences conjugales qui pourront les aider à comprendre ce qui se passe et les soutenir pour trouver des solutions.

Pour terminer, nous savons à quel point il est difficile d’assister à des scènes de violence. On peut se sentir impuissant-e, coupable, en colère, triste (etc.). Il ne faut pas nier ou blâmer ses sentiments, mais les écouter et veiller à ce qu'ils ne nous mènent pas à douter, minimiser, juger, dramatiser la situation. Il est important que vous ne restiez pas toute seule à porter cela. Est-ce que d'autres personnes de votre famille partagent votre inquiétude ? Avez-vous quelqu'un de confiance avec qui en discuter? Vous dites ne pas pouvoir pardonner à votre fils. Nous comprenons bien. La violence n’est pas excusable. Elle résulte souvent d’une conjonction de facteurs mais c'est à la personne de se responsabiliser pour ses comportements et de chercher à s'en sortir.

Nous espérons que ces quelques lignes pourront vous aider. Nous sommes sensibles au souci que vous portez à votre petite-fille ainsi qu’à ses parents. Vous aurez peut-être un rôle déterminant pour eux. Nous espérons que votre séjour s'harmonisera et qu'à plus long terme la situation évoluera de façon positive. Nous restons à disposition si vous souhaitez plus d'informations, si avez d’autres questions ou simplement nous tenir informée de la suite. Bien à vous.  

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