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Questions/réponses

Mon beau-frère est victime de violences conjugale et a coupé tout contact depuis le confinement. Que pouvons-nous faire?

02 octobre 2020 - Zoo...

Bonjour,

Il y a environ 2 ans, nous avions déjà pris contact avec vous concernant mon beau frère qui était victime de violence physique et surtout psicologiche de la part e sa femme. Ils ont un enfant. Grâce a votre réponse, nous avons réussi à le soutenir au mieux dans sa situation.

Aujourd’hui, la situation a évolué. Il y a quelques mois, il était sur le point de divorcer. Il avait pris contact avec un avocat et sa femme avait déménagé. A ce moment, nous étions très présents pour lui et l’avons accompagné dans ses choix sans le pousser à quoique ce soit. Nous savions, grâce à votre site, que c’était à lui de réagir et qu’il devait être prêt pour pouvoir le faire. Nous savions aussi qu’il aurait pu changer d’avis.

Avec la situation di COVID et du lockdown, il n’a ensuite eu des contacts qu’ avec sa femme et a décidé de revenir en arrière sur sa décision. A l’heure actuelle, il a coupé les ponts avec toute sa famille (ses frères et sœur - dont mon mari - et ses parents) car il nous accuse d’être responsable d’avoir essayé de les séparer et de ne pas accepter sa femme.

Ces dernières années, nous avons plusieurs fois hésité de prendre contact avec le service de la protection de l’enfance mais avons toujours respecté le choix de mon beau frère de ne rien faire pour ne pas empirer la situation. Et puis, il était convaincu de réussir à gérer les comportements de sa femme et de pouvoir protéger leurs fils. Enfin, nous ne sommes pas sûrs que ce soit la meilleure chose à faire, notamment pour leur fils. Nous ne savons toujours pas quoi faire et nous sommes en difficulté. Puisque nous n’avons plus de contacts avec eux, nous ne savons pas si ils vont mieux ou si les épisodes de violences sont toujours présents. Nous avons surtout l’impression qu’il est sous l’emprise de sa femme. Nous sommes préoccupés, nous sentons démunis et sommes en colère. Nous ne voulons toutefois pas faire d’erreur. Nous ne savons pas envers qui nous adresser et ne savons pas quel droit nous avons pour agir. Si nous acceptons son choix de rester en dehors de leur vie, nous avons peur de regretter de n’avoir rien fait et souffrons de cette situation.

Mon mari et moi habitons sur le canton de Vaud. Mon beau-frère, sa femme et leurs fils habitent le canton de Fribourg. Auriez-vous des conseils à nous donner? Devrions-nous attendre que la situation évolue? A qui pourrions-nous demander de l’aide?

Merci pour cette plate-forme et merci d’avance pour votre réponse.

Notre réponse

Bonjour Madame,

Votre beau-frère subit depuis plusieurs années de la violence au sein de son couple. Avec votre soutien, il avait réussi à trouver la force et le courage de sortir de l’emprise qui le retenait dans cette relation. Mais suite à la période de confinement, il a décidé de rester en couple et a coupé les ponts avec tous ses proches. Vous vous sentez démunie et ne savez que faire pour agir au mieux, notamment pour leur fils.

Nous vous remercions pour la clarté de votre message et entendons votre désarroi. Votre position de témoin est loin d’être facile. Vous avez déjà joué un rôle crucial pour votre beau-frère et le cheminement qu’il a parcouru est essentiel. Même si sa décision ressemble à un retour en arrière, il a su qu’il pouvait compter sur vous, il a repéré les aides et les démarches possibles en prenant contact avec un avocat et a pu momentanément prendre un peu de recul. Comme vous le savez déjà, la violence conjugale elle fonctionne par cycle et l’ambivalence et les allers et retours font souvent parties intégrantes du tableau, ce qui peut générer beaucoup d’émotions pour l’entourage (colère, incompréhension, culpabilité, sentiment d’impuissance, etc). Ce que vous ressentez est normal et vous avez eu raison de ne pas rester seul-e-s avec ce poids en nous en parlant. Aussi, le Centre d’Accueil MalleyPrairie à Lausanne, spécialisé dans la question des violences domestiques, met à disposition une ligne téléphonique (021 620 76 76) également pour soutenir et conseiller les proches.

Il a décidé de couper tout contact avec vous et nous comprenons votre peur liée à son isolement. Malgré cela, pouvez-vous quand même lui communiquer que votre porte reste ouverte pour lui et son fils quelle que soit sa situation conjugale? Malgré qu’il vous en veuille aujourd’hui, pensez-vous qu’il soit possible de recréer un lien petit à petit ? Y a-t-il une personne avec qui le contact est plus facile ? Malgré tous vos efforts et votre bienveillance, il est en effet possible qu'il maintienne cette nouvelle distance. 

Aujourd’hui comme par le passé, vous ne pouvez agir à la place de votre beau-frère et vous n’êtes pas responsable de ce qu’il subit. Il est vrai que sans aide extérieure il est parfois difficile de briser le cercle vicieux, mais lui seul, à son rythme, a le pouvoir d’actionner ces leviers. Il peut à tout moment entrer en contact avec le Centre Lavi (026 305 15 80) de son canton (Fribourg) qui pourra lui fournir les soutiens nécessaires.

Vous dites hésiter à contacter le service de protection de l'enfance. Soupçonnez-vous de la violence dirigée vers leur fils ? Si c’est le cas et qu'aucun des deux parents n'est en mesure de veiller à sa sécurité et sa santé, nous vous encourageons à faire part de votre inquiétude aux autorités compétentes dans le canton de Fribourg. Il est possible de contacter le Service de l'enfance et de la jeunesse (SEJ) de manière anonyme tous les après-midi entre 14h et 17h sur leur permanence téléphonique au 026 305 15 30 afin d'obtenir des conseils. Cependant, même si les violences ne sont pas directement orientées vers les enfants, ceux-ci sont toujours impactés par le climat de tension et de peur qui peut régner dans les foyers où la violence est présente. Est-ce que vous ou vos beaux-parents avez des occasions d'être en lien avec son fils ? Avez-vous des ami-e-s en commun avec qui la communication n'est pas coupée ?

Nous espérons que ces quelques pistes pourront vous être utiles. Votre démarche est bonne et nous saluons le souci et la bienveillance que vous portez à votre beau-frère et à son fils. Cela peut sembler peu, mais il s’agit d’une grande aide. Nous espérons sincèrement que la situation évoluera positivement à nouveau. Nous restons à disposition si vous avez d’autres questions et prenons volontiers des nouvelles de la situation.

Avec nos meilleurs pensées.

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