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Questions/réponses

Ma sœur est victime de violences conjugales

28 juillet 2018 - Lit...

Bonjour, Je suis inquiète pour ma sœur! Elle est mariée depuis environ 5 ans à un homme... ils deux enfants. Depuis déjà quelques temps leur relation ne va pas bien... lui boit beaucoup ( selon lui c'est tout à fait normal... mais il est déjà arrivé plusieurs fois qu'il fasse pipi au lit en rentrant tellement il était saoule) Elle me dit déjà depuis pas mal de temps qu'il est très demandeur sexuellement (presque tout les jours...il l'a réveille pendant la nuit, où s'arrange pour faire garde les enfants dans la journée juste pour pouvoir lui sauter dessus)... ça la dérange mais qu'il maintient qu'elle est sa femme... et que c'est normal! Si elle refuse il s'énerve... l'insulte! Donc elle le laisse faire... aujourd'hui je vous écris car elle m'a appelé en larmes... elle n'en peut plus! Elle ne sait pas quoi faire... elle a peur de lui... Moi j'ai peur pour elle et les enfants. Ils habitent en valais. Merci pour votre réponse

Notre réponse :

Bonjour Madame,

Vous nous expliquez que vous êtes inquiète pour votre sœur. Son mari boit beaucoup et insiste pour avoir quasiment tous les jours des rapports sexuels. Si elle n’accepte pas, il s’énerve et l’insulte. Elle n’en peut plus et vous sentez qu’elle a peur. En effet, bien qu’en Suisse la sexualité au sein du couple soit encore perçue comme un « devoir conjugal » par beaucoup de monde, le mariage n’implique aucune obligation à avoir des rapports sexuels. La loi interdit toute violence au sein du couple et les rapports sexuels non-consentis sont poursuivis d’office, et cela même plusieurs années après les faits. De nombreuses personnes se forcent cependant régulièrement à avoir des rapports sexuels avec leur conjoint-e, pour avoir la paix, pour pouvoir enfin dormir, pour éviter les violences, etc, comme c’est le cas pour votre sœur. Vous vous faites du souci pour elle ainsi que pour ses enfants et vous avez donc bien fait de nous écrire pour trouver du soutien et des pistes concrètes.

Pensez-vous que votre sœur oserait appeler la police (117) en cas de nouvelles violences ? Elle peut également demander à ce que son mari soit éloigné du domicile pour un temps. Elle doit penser à sa sécurité mais également à celle des enfants, qui même s’ils ne sont pas directement visés par les violences, sont toujours impactés par celles-ci. Prendre soin de ses enfants consiste donc aussi à se protéger de la violence et non pas à rester en couple à tout prix. Votre sœur a le droit de quitter le domicile avec ses enfants pour se protéger. Elle peut trouver refuge chez quelqu’un ou alors être hébergée dans un foyer spécialisé proche de chez elle. Partir peut permettre de prendre du recul et de montrer clairement que des limites sont dépassées. La violence n’est pas une fatalité mais il faut que l’auteur-e soit conscient de ses comportements et accepte de faire un travail avec des spécialistes de la question. Comme vous l’expliquez, votre beau-frère semble vivre un mal-être dont le recours à l’alcool et au sexe sont des palliatifs. Il y a de nombreux facteurs qui peuvent expliquer qu’une personne soit violente mais cela n'excuse en rien ces comportements.

Vous pouvez conseiller à votre sœur d'appeler la Fondation L'EssentiElles (079 320 98 70). Il s'agit d'une fondation qui vient en aide aux personnes victimes de violences conjugales. L'équipe de professionnel-le-s propose une écoute bienveillante, des entretiens individuels afin de chercher des moyens pour faire évoluer la situation et un accompagnement dans les démarches. Nous vous suggérons vivement également de contacter avec votre sœur le Centre LAVI du Valais (027 607 31 00) ou de lui transmettre l’information. Il s’agit d’un centre qui vient en aide gratuitement et de manière confidentielle aux victimes d’infractions. Les professionnel-le-s pourront la soutenir psychologiquement, réfléchir à des solutions, organiser un hébergement d’urgence pour elle et ses enfants si besoin et également l’informer et la soutenir sur le plan juridique (dépôt de plainte, séparation, etc.). Nous pensons qu’il est très important qu’elle puisse avoir du soutien et des conseils de personnes spécialisées. Comme vous le voyez, les violences ont des conséquences néfastes sur la santé et sur le bien-être des personnes qui la vivent (peur, honte, baisse d’estime de soi, états dépressifs, pleurs, isolement, etc.). Ce mélange d’émotions donne parfois l’impression d’être seule pris-e dans un piège sans issue. Mais votre sœur a de la chance de vous avoir. Elle a confiance en vous et ose vous parler. C’est une ressource bien plus importante et grande qu’il n’y paraît.

De votre côté, être témoin n’est pas une position facile. Entre culpabilité, impuissance, colère, tristesse et autres, les émotions ne sont pas moindres non plus et il faut penser à prendre soin de vous aussi. Avez-vous quelqu’un de proche à qui en parler afin de ne pas rester seule avec ce poids à porter ? D’autres personnes sont-elles au courant de ce que vit votre sœur ? Bien que difficile, votre rôle est cependant déterminant et en nous écrivant vous faites une démarche qui va peut-être changer les choses. Par ailleurs, vous pouvez soutenir et accompagner votre sœur dans ses démarches, mais au final c’est elle qui peut mettre un terme à ce qu’elle vit.

Nous espérons que ces informations vous seront utiles. Aussi n’hésitez pas à proposer à votre sœur de nous écrire directement. Nous soulignons votre courage et votre attention envers votre sœur. Notre porte reste ouverte si vous avez d’autres questions ou pour nous donner des nouvelles. Bien à vous.

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