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Questions/réponses

Ma nièce a subi des menaces et subit du harcèlement de la part de son mari.

06 décembre 2018 - Squ...

Ma nièce a demandé le divorce. Suite à cela, son mari l'a menacé d'un couteau et elle a reçu des coups. La police est intervenue. Elle est allée chez le médecin. Elle n'a pas porté plainte. Ils ne vivent plus sous le même toit. Depuis, il l'a harcelé d'abord avec des lettres très bizarres soit disant pour leurs enfants mais qui étaient destinées à elle. Ce n’était pas possible de lire cela à de petits enfants, puis avec des messages. Elle n'ose plus vivre chez elle. Elle doit toujours trouver des personnes ou des stratagèmes lorsqu'ils vont se voir pour ne pas se retrouver seule avec. Il lui a coupé la route pour la forcer à s'arrêter et pour ensuite l'injurier. Elle en a parlé à son beau-frère. Du coup, les messages ont cessé pour faire place à des mails concernant la médiation. Chaque jour, il trouve une nouvelle idée pour embêter et surtout il change souvent d’avis. Puis maintenant s’ajoutent à cela des appels de menace. Il sous-entend des choses sans vraiment dire quoi. On peut croire qu’il prémédite de tous les tuer. Il y a tellement de messages, de mails, d’appels, de menaces et de changement d’avis qu’elle perd pied. Elle a peur. Elle dépérit plus chaque jour. Elle a déjà perdu plus de dix kilos. Elle dort avec des somnifères. Je ne sais plus que faire pour l’aider. Cela dure depuis 4 mois. Je l’ai envoyé voir la LAVI, mais à part qu’elle doit tenir un journal des faits, il n’y a rien pour l’aider. Puis-je faire quelque chose pour l’aider.

Notre réponse

Bonjour Madame,

Vous nous écrivez car votre nièce subit de la violence de la part de son ex-conjoint. A l'annonce de la demande de divorce, le mari de votre nièce a usé de violence physique à son égard nécessitant l'intervention de la police et une prise en charge médicale. Depuis cet épisode, ils vivent séparés. Cependant, son ex-conjoint ne cesse de lui envoyer des messages, des lettres, des e-mails et de l'appeler. Ce harcèlement obsessionnel (stalking), ainsi que les menaces constituent de la violence psychologique.

Ces différents types de violence sont interdit par la loi suisse.

L'utilisation abusive d'un moyen de télécommunication (article 179 du Code pénal) est punissable sur plainte. Pour appuyer ses propos, il est effectivement mieux de les étayer avec des preuves: témoignage d'un-e témoin, mails/lettres/sms de menaces, etc.

Les violences physiques et les menaces graves telles que menaces de mort, de coups, d'enlever les enfants sont normalement poursuivis d'office lorsqu'elles ont lieu au sein du couple ou dans l'année qui a suivi le divorce (article 180 du Code Pénal). La poursuite d'office donne lieu à l’ouverture d’une procédure pénale dès que les autorités (police ou justice) ont connaissance de ces infractions, même si la victime ne porte pas plainte. L'entourage peut donc informer directement la police ou la justice. Les menaces de morts sont particulièrement inquiétantes et à prendre au sérieux.

Les situations de violence ont des conséquences importantes sur la santé et le bien-être des personnes qui subissent les violences, telles que la peur, le stress et les insomnies, comme vous l'observez avec votre nièce.

Les autres personnes affectées par une situation de violence sont les enfants. Bien qu'ils ne soient pas les victimes directes de leur père, ils ressentent que quelque chose ne va pas et voient le désarroi de leur mère. L'exposition à la violence, même si celle-ci a lieu au sein du couple des parents, a des conséquences sur le bon développement des enfants. Il ne faut pas hésiter à parler avec eux de la situation et leur dire qu'ils ne sont pas responsables, ils doivent aussi être protégés.

Vous dites que votre nièce a déjà été reçue à un centre LAVI mais qu'elle doit uniquement tenir un journal des faits. Ce journal pourra être utile lors de la procédure de divorce ou si votre nièce décide de porter plainte. Les centres LAVI peuvent également offrir un soutien psychologique aux victimes d'infractions. Votre nièce souffre de cette situation de violence, ce soutien pourrait l'aider. Il ne faut pas qu'elle hésite à recontacter le centre LAVI où elle est allée.

Elle peut également trouver du soutien, de l'écoute mais aussi un hébergement pour elle et ses enfants au sein d'institutions spécialisées dans la violence au sein du couple. À Fribourg, Solidarité Femmes est joignable au 026 322 22 02 du lundi au vendredi de 9h à 12h puis de 14h à 17h30 (sauf le mercredi matin) et le weekend de 11h à 17h, ainsi que toutes les nuits de 19h30 à 7h.

Si votre nièce habite dans un autre canton en Suisse, vous trouverez les informations sur les structures de soutien, d'accueil et d'aide aux femmes victimes de violence au sein du couple sur notre site internet : https://www.violencequefaire.ch/fr/victimes/adresses-utiles

Si les enfants sont exposés à la violence ou risquent d'être en danger, les parents ainsi que l'entourage ont la responsabilité de les protéger. Un service cantonal de protection de la jeunesse est une ressource dans ce cas-là. Pour Fribourg, vous trouverez les informations utiles sous ce lien.

Vous pouvez également proposer à votre nièce d'écrire directement à violencequefaire.ch pour qu'elle puisse déposer son vécu, être lue et soutenue dans sa situation.

Le rôle de témoin est important et peut être lourd à porter. Nous espérons que vous pouvez parler de cette situation avec une personne proche et que vous n'êtes pas seule.

Nous vous envoyons nos meilleures pensées, ainsi qu'à votre nièce et à ses enfants. Notre porte reste ouverte. Bien à vous.

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