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Questions/réponses

La police fait la sourde oreille quand je les appelle pour mes voisins

03 novembre 2018 - Mic...

Bonjour, Voilà de très nombreuses fois que j'entends des cris, des disputes, et des bruits de coups venant d'un appartement de mon immeuble. Cela se déroule toujours selon le même scénarios, disputes de couple (homme et femme) puis bruits de coups contre le sol et contre les meubles, puis vociférations incessantes de la voix de l'homme. Ces cris étaient particulièrement violents et menaçants hier soir, jusqu'à environ 3h du matin. J'ai appelé la police déjà 4 fois, et à chaque fois le même scénario se répète. Lors de l'arrivée de la police, les bruits ont disparu, et ils repartent sans ne rien faire. Le soucis c'est que je n'arrive pas à identifier exactement l'appartement dont proviennent les bruits: je vis dans un immeuble aux parois très fines, et il m'est difficile de définir exactement d'ou cela provient. La dernière fois la police m'a dit de ne plus appeler, que je passais pour une folle. Je leur ai demandé ce que je pouvais faire alors, et ils m'ont dit de mettre des boules quiès et de laisser mes voisins tranquilles, que de toutes façons ils ne pouvaient rien faire si la dame ne se plaignait pas. Je ne trouve pas que cette réponse soit normale, ni même correcte étant donné que nombreux cas de violences conjugales sont poursuivis d'office. Je ne sais plus quoi faire, et les bruits de disputes et de coups continuent. Merci pour votre aide,

Notre réponse

Bonjour Madame,

Un couple de voisins est régulièrement confronté à des épisodes de violence lors desquels Monsieur semble avoir le dessus. Vous avez appelé la police déjà 4 fois, mais comme tout était retourné au calme une fois sur place, ceux-ci vous ont proposé de simplement « mettre des boules Quiès » et de « laisser vos voisins tranquilles ». Vous ne savez que faire et nous partageons votre colère et votre indignation face à cette réponse. Nous allons vous proposer quelques pistes afin de venir en aide à vos voisins.

S’il est parfois compliqué de mener à terme une enquête sans la collaboration de la victime, il n’empêche que les autorités sont effectivement tenues d’intervenir en cas de signalement de tels faits. Comme l’un des problèmes, dans votre situation, semble être de ne pas réussir à situer quel couple vit de la violence, peut-être que vous pourriez sortir dans le couloir afin de définir quel appartement cela concerne, voire en plus enregistrer les cris/disputes ? Vous pourriez dès lors l’indiquer à la police, qui pourra intervenir et tenter d’éclaircir la situation. Elle pourra également, si Madame le demande ou si elle estime qu’il y a un danger pour elle, expulser pour une durée déterminée l’auteur des faits. Cela dit, même s’il n’y a pas expulsion, le simple fait de se retrouver face à des représentant-e-s de la loi peut aider à faire prendre conscience que la situation n’est pas normale, voire illégale.

L’autre approche possible, après avoir identifié le couple, est de parler à cette femme, et de lui demander si tout va bien, en précisant que vous vous êtes inquiétée pour elle lors des disputes. Vous trouverez plus d’informations sur la manière d’aborder le sujet sous cette page. Vous pouvez éventuellement lui donner sur un petit billet le numéro genevois spécialisé dans les violences domestiques 0840 110 110, ainsi que lui parler de l’Association AVVEC et/ou de notre site internet, si elle souhaite en discuter de manière confidentielle et gratuite. Par ailleurs, nos dépliants se trouvent chez de nombreux lieux de soin (médecins, pharmacies,..), peut-être que vous pourriez en prendre un et l’afficher dans le hall d’entrée de votre bâtiment ?

Nous tenons à vous féliciter de votre réaction, car la violence au sein du couple n’est pas une affaire privée, même si dans certaines mentalités elle est encore perçue comme telle. En Suisse, une femme meurt environ toutes les deux semaines des suites des violences de son (ex-)partenaire. Dénoncer les situations, soutenir les victimes et les conduire vers des services spécialisés dans ce domaine sont des actions qui peuvent sauver des vies. Cependant, être témoin de tels faits n’est pas aisé et peut être lourd à porter, surtout quand on a l’impression d’être seul-e à s’inquiéter. Avez-vous pu en discuter avec d’autres voisin-e-s ? Partager votre crainte et votre volonté d’agir peut donner de la puissance à votre démarche. En effet, si différentes personnes appellent pour signaler la situation, alors la police ne pourra pas recourir à la réponse simpliste qu’elle vous a donnée.

Nous espérons de tout cœur que ces quelques pistes permettront à vos voisins de sortir du cycle de la violence avant qu’il ne soit trop tard. Nous pensons également bien à vous, et vous souhaitons de retrouver rapidement plus de calme et de sérénité. Notre porte reste ouverte au besoin ou si vous voulez nous donner des nouvelles.

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