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Questions/réponses

Je suis inquiète pour mon amie

11 septembre 2018 - Kay...

Bonjour, voilà une amie âgée de 30 ans vit en couple depuis maintenant 7 ans avec quelqu’un de complexe. Il prend des sustances ( cannabis, cocaïne, cristal meth) et agréemente tout cela avec bière sur bière. La situation familiale de cette personne est chaotique , mère décédée à cause de l alcool , pas de père et frères plongés également dans ce genre d’excès. Depuis maitenant quelques mois , monsieur devient agressif et parfois violent physiquement et verbalement .il est egalement parano, il croit que madame va voir ailleurs, c est pourquoi il l’enferme parfois à la maison en lui confisquant ses clés, son natel ainsi que ses papiers d identité, ce week end a pris une tournure plus grave, il a fait du chantage au suicide avec une bonbonne de gaz qu’il était aller acheter auparavant. Pompiers, police sont heureusement intervenus. Un medecin est venu sur place evaluer le degré du problème mais lui a simplement dit que la prochaine fois c'était l’internement car des plaintes de voisins concernant des cris et insultes ont été entendus.... Madame vient souvent se plaindre auprès de moi qui suis sa meilleure amie mais je commence a être démunie car je ne peux malheureusement pas agir. On dirait qu’elle se complait dans cette situation dans le sens ou elle lui trouve des excuses et me dit qu il faut le comprendre. Après elle est coincée dans le sens où elle ne sait pas où elle irait et n’a pas forcément les finances pour. Malgré que je lui dise qu elle peut sans autre venir habiter chez moi, et si vraiment, il y a des foyers d urgence... que pourrais-je faire de plus ?

Notre réponse

Madame,

Vous vous inquiétez pour votre amie qui subit de la violence psychologique (menace au suicide, insultes, cris) et physique (séquestration) de la part de son partenaire. Après avoir menacé de se suicider avec "une bonbonne de gaz", les pompiers, un médecin ainsi que la police sont intervenus sur place. Votre amie se confie à vous et se "plaint" de cette situation mais malgré cela, vous nous dites qu'elle n'agit pas et que vous vous sentez "démunie". Vous souhaitez savoir ce que vous pouvez faire de plus.

Tout d'abord, votre inquiétude est légitime, comme votre sentiment d’impuissance, lorsque vous nous dites que vous commencez à être démunie dans la situation que vous vivez avec votre amie.

A la lecture de votre récit, le partenaire de votre amie à des comportements violents. Ses actes, qui sont des mises en danger de lui-même et d’autrui, semblent alerter, en plus des pompiers, de la police et d’un médecin, les voisins et vous-même. Mais pas votre amie.

Cette amie qui, malgré votre accueil, votre qualité d’écoute et vos conseils, persiste à vouloir trouver des excuses et des explications aux agissements de son compagnon. Elle semble être prise dans le cycle de la violence et peut-être que les moments de violences sont suivis de moments où elle reprend espoir que son partenaire peut/veut changer et que la situation va s'améliorer. 

L’accompagnement que vous offrez à votre amie est formidable, car, malgré l’aberration de la situation, vous lui restez fidèle. Elle semble vous écouter puisque, lorsque vous argumentez sur les dangers de ce qu’elle vit, elle minimise suffisamment la situation pour trouver ce qu’il faut comme bonnes raisons pour pouvoir rester dedans. Vous ne pouvez pas en faire plus car il lui appartient maintenant de prendre la main que vous lui tendez pour se mettre en sécurité. Cela est de sa responsabilité.

De votre côté, restez fidèle à vous-même et le plus possible loyale à votre amie, car il est probable qu’un jour elle réalise le danger de sa situation et vienne vous solliciter pour s’en protéger. Votre présence à ce moment pourra lui être utile.

Dans le cas où votre amie continue à ne pas considérer les violences qu’elle subit, continuez à lui parler de vos inquiétudes quand elle vous les confie, et n’hésitez pas à lui donner votre représentation du danger de ce qu’elle vit et vos inquiétudes quant à la suite. Continuez à lui dire qu’elle peut s’en protéger et que vous ne pouvez le faire contre son gré. Dites-lui encore que les protections qu’elle peut activer dans les moments de crise sont la fuite du domicile conjugal et d’appeler la police. Qu’elle peut aussi s’adresser, comme vous, aux questions-réponses du site www.violencequefaire.ch, pour trouver des pistes de réflexion. Elle peut aussi contacter le Centre d'accueil MalleyPrairie, qui propose des consultations ambulatoires confidentielles et non payantes à Lausanne et dans les régions du canton de Vaud. Ceci pour évaluer les violences qu’elle subit ou non et l’aider à trouver le chemin qui lui convient. Par ailleurs, le Centre d'accueil MalleyPrairie propose des hébergements aux femmes subissant des violences conjugales et qui sont en danger, comme votre amie, qui, si elle venait à s’enfuir de chez elle, pourrait y être accueillie. Ceci quelles que soient ses finances.

Nous espérons que notre réponse puisse vous aider à garder votre position d’amie et de confidente auprès de votre amie et qu’elle vous aidera à tenir le coup, malgré l’adversité de la situation. Nous vous souhaitons tout le meilleur pour la suite et n'hésitez pas à nous écrire pour nous donner de vos nouvelles. Cordialement.

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