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Questions/réponses

Je connais une femme étrangère en danger. Que puis-je faire pour l'aider ?

10 mai 2017 - jamaiscomplice

Bonjour, J'ai une petite soeur qui fréquente actuellement le Cycle d'Orientation. Une de ses amies proches s'est récemment confiée à elle quant à sa situation familiale et l'abus que vit au quotidien sa mère. Les parents sont immigrés, et le mari interdit à sa femme de travailler et l'enferme ainsi financièrement. Cela fait une dizaine d'années qu'il la bat (il l'avait déjà poussée par terre, sur le ventre, lorsqu'elle était enceinte de 6 mois de son premier enfant, il y a donc plus de 13 ans). Il empêche sa femme de socialiser, vérifie quotidiennement ses messages pour s'assurer qu'elle ne parle pas à d'autres hommes, tandis que lui commet depuis toujours des adultères, bien connues par sa femme. Il est extrêmement violent physiquement, et je suppose, verbalement également. Pour s'adresser à sa fille, il utilise le terme "l'obèse". C'est vous dire le monstre dont il s'agit. La mère ne parle que quelques mots de français, pas suffisants pour que je puisse avoir une conversation avec elle. Je ne sais pas quoi faire. Je ne veux pas ignorer cette situation, je voudrais qu'on lui apporte l'aide nécessaire, et qu'elle sache qu'elle peut vivre mieux, loin des souffrances qu'il lui créé, bien que cette décision ne revient au final qu'à elle. Que puis-je faire pour l'aider ? Elle parle l'albanais, y a-t-il une structure vers laquelle je pourrais la rediriger ? Puis-je appeler le service de protection des mineurs, la police ? Je vous remercie d'avoir pris le temps de me lire, et vous remercie également du travail fondamental que vous effectuez.

Notre réponse :

Bonjour,

Nous sommes touché-e-s par votre message et par votre profond désir d'aider cette femme en souffrance. Vous avez raison de dénoncer la violence et de refuser d'en être complice.

Il semble qu'actuellement, la seule solution pour que la violence cesse soit le départ du domicile familial ou l'expulsion de l'auteur des violences. Ces démarches constituent un droit pour les victimes de violence car celle-ci est un délit pénal. Les actes décrits sont graves et cette femme, tout comme sa fille, auraient le droit de dénoncer à la justice les violences de la part du mari/père. Cette décision est souvent difficile à prendre pour les victimes de violence. C'est pourquoi des structures existent pour les aider dans leur recherche de solutions. A Genève, elle peut notamment faire appel à l'association AVVEC qui pourra lui proposer des consultations gratuites et discuter avec elle des possiblités qui s'offrent à elle. 

Dans tous les cas, nous invitons cette femme à garder toutes les preuves des violences qu'elle subit (photos, messages,...) car ces éléments appuieront sa plainte ou ses demandes lors de différentes démarches qu'elle pourrait entreprendre. De plus, la sécurité est une priorité dans cette situation. Il est important qu'elle se protège, elle et ses enfants. Les hébergements d'urgence servent à cela et diverses solutions sont proposées pour le financement du séjour.

Le fait de signaler le cas d'un mineur en danger dans son développement auprès du SPMi (Service de Protection des Mineurs de Genève) est également une bonne idée. Cela permettrait l'ouverture d'un dossier et ainsi, par ricochet, la prise en compte de la situation de la maman de cette camarade. Des démarches pourraient ainsi être mises en place par des professionnel-le-s.

Nous imaginons bien que la situation est compliquée, d'autant plus qu'il existe une barrière liée à la langue et à la culture. Différents organismes oeuvrent en faveur des femmes étrangères. L'association Appartenances-Genève propose des consultations pour les personnes migrantes et met à disposition des interprètes. L'association met également en place un groupe de parole pour femmes albanaises: peut-être serait-ce là un premier pas pour cette femme afin de sortir de l'isolement ? Pourriez-vous lui en parler?

Il est plus facile de franchir ce pas, de demander de l'aide et de partir de chez soi lorsqu'on est accompagnée et soutenue. Votre présence ainsi que celle de votre petite soeur sont donc de précieuses alliées pour cette famille.

Nous espérons avoir pu vous aider et restons à disposition en cas de besoin. Meilleures pensées et courage.

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