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Questions/réponses

Comment aider mon amie victime de violences?

08 août 2019 - Mel...

J'ai appris il y a peu qu'une amie subit depuis longtemps de la violence verbale et physique de la part de son mari. Elle m'a dit qu'avant qu'ils n'aient des enfants, ils se disputaient violemment tous les 2, mais que depuis la naissance de l'aîné, elle n'a plus jamais rendu les coups. Elle aime son mari et ne veut pas le quitter, mais m'a expliqué que les coups et les insultes sont parfois donnés en présence de leurs 2 jeunes enfants. Que faire pour l'aider au mieux?

Notre réponse

Bonjour Madame,

Vous nous dites qu'une de vos amies subit depuis longtemps de la violence verbale et physique de la part de son mari. Avant que le couple n'ait leurs deux enfants, les disputes étaient violentes avec des actes de violences de part et d'autres. Depuis la naissance de leur premier enfant, votre amie ne « rend plus les coups reçus » mais son mari continue à lui administrer des coups et de surcroît devant les deux enfants.

Le couple de votre amie vit effectivement une situation de violences intrafamiliales. De la violence symétrique, le couple est passé actuellement à de la violence complémentaire. Les violences ont également lieu en présence des deux enfants du couple. Nous validons votre demande de conseils pour épauler au mieux cette famille car la violence est délétère au bon développement des enfants. Les enfants sont souvent très fragilisés et perdus face aux tensions de leurs parents, vivant des émotions très variées et contradictoires. Ils doivent impérativement être protégés de ce climat malsain. Pour cela, il existe plusieurs pistes:

Il faut savoir que les actes de violence conjugale, actes physiques ou menaces graves, sont interdit par la loi. Votre amie pourrait très bien faire appel à la police pour mettre un terme à ce cycle. La police dépêchée sur place, pourrait procéder à une expulsion temporaire de l’auteur des violences, ceci jusqu’à l’audience de validation de la mesure d’expulsion au Tribunal d’Arrondissement. Lors de cette audience au civil, votre amie peut décider si elle souhaite reprendre la vie de couple et donner une seconde chance à son mari ou si elle souhaite une séparation temporaire. Cette expulsion peut engendrer une prise de conscience de leur problématique, permettant peut-être au couple de travailler autour de la violence exercée et subie.

Par ailleurs, et indépendamment de l’intervention de la police, toute personne qui a connaissance d’une situation de violence conjugale peut la dénoncer au pénal car la violence conjugale est poursuivie d’office. Pour ce faire, vous pouvez vous adresser par écrit au Ministère Public de leur arrondissement. Cette dénonciation donne souvent lieu à une conciliation ou à une suspension de la plainte. Bien sûr, nous savons combien il est délicat de « dénoncer » la situation d’une amie et parfois, chercher à ouvrir le dialogue avec la personne concernée, afin qu’elle prenne elle-même des dispositions, est plus simple pour les personnes témoins.

Votre amie pourrait aussi consulter le Centre LAVI qui est le centre d’aide aux victimes d’infractions. Les professionnel-le-s du Centre de consultation de Sion sont joignables au numéro suivant: 027 607 31 00. Elle pourrait y trouver une écoute active, des conseils avisés, un hébergement d'urgence au besoin, bénéficier d'un soutien psychologique, tout ceci de manière gratuite et confidentielle. Il faut savoir qu'il existe dans chaque canton un centre LAVI et que les victimes peuvent consulter le centre de leur choix indépedemment du lieu du domicile ou du lieu des infractions.

La fondation valaisanne L'Essentielles peut aussi être une adresse non négligeable dans sa situation. Elle peut les contacer au numéro portable: 079 320 98 70 et trouver soutien et conseils face à son vécu.

Bien entendu, pour une aide spécifique aux enfants, elle peut faire appel à l' Office Cantonal de la Protection de l'Enfant - OPE- au numéro 027 606 48 40Elle peut aussi les appeler de manière anonyme pour obtenir des conseils en premier temps.

Enfin, une autre aide possible pour votre amie est de lui parler du site www.violencequefaire.ch et de la possibilité de parler de son vécu à des professionnel-le-s de manière anonyme et gratuite. Parfois, ce premier pas permet de faire ensuite de le second et ainsi de suite.

Quoi que votre amie décide d'entreprendre (ou pas), nous vous conseillons de respecter son rythme. Il faut parfois du temps pour les personnes victimes de violences pour qu'elles puissent enfin oser en parler à des professionnel-le-s. Rester à ses côtés de manière non-jugeante et prêter une oreille attentive est déjà d'un très grand soutien!

Nous espérons vous avoir donné quelques pistes utiles au soutien que vous pourriez proposer à votre amie. Nous savons à quel point il peut être difficile d'être dans une position de "témoin" ou de "confident" mais ouvrir le dialogue avec les professionnel-le-s puis idéalement avec la personne elle-même est un premier pas important.

Nous restons bien entendu à votre disposition et celle de votre amie si vous aviez d'autres questions.

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