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Questions/réponses

Cette amie ne veut pas que j'avertisse la police. Est-ce que ça devient de la non-assistance à personne en danger ?

25 février 2018 - Sam...

Bonsoir, Je vous écris car j'ai connaissance, pour la 2e fois sur la même personne, d'une situation de violence que subit une amie. Celle-ci vit avec son copain qui, lorsqu'il s'énerve, a des accès de violence sur elle. La dernière fois, hier soir, c'est parce qu'il avait trop bu ; avant, c'est simplement parce qu'il était énervé. Mais c'est évidemment toujours de sa faute à elle, qui "provoque la situation" par le simple fait d'être elle. Il n'est "normalement pas comme ça". En lui suggérant de demander un hébergement d'urgence et de signaler ces faits à la police, elle a été très opposée à l'idée et commence à revenir sur sa version en disant qu'ils se sont simplement disputés et que c'était effectivement de sa faute. Elle ne se rend pas du tout compte du caractère anormal de la chose. Elle m'a suppliée de ne pas avertir la police, mais je deviens un témoin ou en tout cas je ne porte pas assistance à une personne potentiellement en danger..... Et évidemment, il s'en veut le lendemain, s'excuse et fait des efforts 2 jours pour lui faire oublier. En plus de tout ça, il y a clairement une forme de violence verbale très très régulière, et donc à terme de violence psychologique. Elle est dans un engrenage qu'elle ne veut pas, ne peut pas quitter. Que faire ? Pour moi c'est hors de question de laisser la situation dégénérer plus avant. La dernière fois j'avais "passé la chose sous silence" car elle m'avait dit que ça allait s'arranger et que c'était une fois, mais là je pense que c'est la réaction naturelle de cet homme à la colère, à la frustration ou que sais-je. Puis-je le dénoncer à la police alors qu'elle est opposée à porter plainte ? Merci d'avance pour vos conseils

Notre réponse :

Bonjour Madame,

Pour la deuxième fois, votre amie a été confrontée à de la violence physique de la part de son concubin. Vous avez remarqué qu’ils sont entrés dans une forme de violence cyclique et vous êtes inquiète pour elle. Vous vous demandez comment l’aider, sachant qu’elle ne veut pas que la police soit au courant. Néanmoins, en tant que confidente et témoin, vous craignez d’être attaquable en justice pour non-assistance à personne en danger. Vous faites bien de nous écrire !

Vous avec une grande clairvoyance concernant cette situation : les faits que vous nous décrivez suggèrent effectivement qu’une forme d’emprise est présente, et que le cycle est enclenché. Cela explique en partie la difficulté de votre amie à réaliser ce qu’il se passe. Néanmoins, ne perdez pas espoir : le déni est une réaction courante et une phase dans le processus de prise de conscience. Vous pouvez être une ressource pour elle, tant par votre écoute que par vos propositions d’aide pratique. Sous cette page, vous trouverez également d’autres conseils pour l’épauler et conserver le lien, qui est très important car la violence a tendance à isoler les personnes qui y sont confrontées.

Lui avez-vous déjà parlé de notre site ? Cela peut être une manière d’aborder la situation, et de l’aider à réaliser le mécanisme qui s’installe et les dangers qui y sont liés. Par ailleurs, cela peut également lui apporter de l’espoir, car bien que la réaction de cet homme à la colère par de la violence semble « naturelle », elle n’est pas une fatalité. Bien entendu, cela demande qu’il soit conscient du fait que ses comportements sont problématiques, ce qui semble pour l’instant ne pas être le cas.

Si nous revenons aux bases légales soulevées dans votre question, en cas de ménage commun, certaines violences au sein du couple sont poursuivies d’office. Ce qui veut dire que les personnes concernées n’ont pas besoin de porter plainte, et qu’une procédure est enclenchée à la suite d’une dénonciation auprès de la police. N’hésitez pas à le faire si vous la savez en danger et/ou si les violences s’accentuent. Cependant, pour le moment et comme nous n’avons pas connaissance de la gravité des faits, nous vous conseillons plutôt de respecter son choix tout en essayant de la rendre attentive, en la questionnant notamment sur son bien-être, aux enjeux et aux conséquences de ces violences sur elle-même et sur son couple. Nous vous proposons cette approche car sortir de la violence – et s’en remettre – demande un engagement personnel et parfois thérapeutique ; nous ne pouvons souvent pas « sauver » les personnes à leur place ou sans qu’elles aient un minimum de volonté. Cela prend du temps. Les spécialistes du domaine sont bien au courant de la difficulté à aborder et traiter ces situations, et vous ne pouvez pas être attaquée pour non-assistance à personne en danger vu les démarches que vous entreprenez, par exemple en nous contactant. Par ailleurs, vous pouvez notamment noter dans un dossier les informations concernant les actes de violence (date, heure, lieu, témoins,…), faire des photos des éventuelles traces, etc. afin que votre amie ait de quoi appuyer les possibles démarches qu’elle pourrait décider d’entreprendre à l’avenir.

Pour revenir à un aspect plus pratique, peut-être accepterait-elle que vous l’accompagniez auprès de l’association AVVEC ? Les professionnel-le-s de ce centre accueillent, écoutent et conseillent avec bienveillance et non jugement les personnes qui comme votre amie sont confrontées à des violences au sein de leur couple. Les entretiens sont gratuits et confidentiels, et elles et ils ne dénonceront pas la situation si votre amie ne le souhaite pas. Cela pourrait certainement rassurer votre amie, et la faire accepter une aide. Leur numéro est le 022 797 10 10. Vous pouvez aussi lui proposer de nous écrire gratuitement et anonymement.  

Nous espérons de tout cœur que vous avez également des proches avec qui parler en ces moments difficiles et auprès de qui vous trouvez du réconfort. Vous avez beaucoup de ressources et êtes certainement un soutien précieux pour votre amie, mais pensez aussi à vous et n’oubliez pas que vous n’êtes pas responsable des choix de ces personnes. Nos pensées vous accompagnent et notre porte reste ouverte au besoin. Bien à vous.

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