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Questions/réponses

J'ai recours à la violence

23 décembre 2019 - Ewe...

Bonjour, J'ai besoin de savoir l'échelle de gravité et d'urgence de prise en charge de ma situation. Samedi lors d'un repas de famille, j'ai donné une baffe à mon conjoint. Ce dernier avait pour la deuxième fois de la journée décrochée mon soutien-gorge devant toute la table et la première fois je lui ai dit clairement non je ne veux pas qu'il fasse ça. Lorsqu'il la refait la deuxième fois, de manière instinctive j'ai eu ce geste violent. Personne autour de la table n'a réagit ni n'a compris. Mon conjoint a quitté la pièce et une heure après je suis allée le rejoindre pour en parler calmement. J'ai assumé mon acte et présenté mes excuses. Il a su exprimé son ressenti et ces craintes pour la suite étant donné que je suis enceinte. Il faut savoir qu'a deux reprises ces 6 dernières années, j'ai utilisé la baffe pour qu'il arrête de me chatouiller malgré que je lui disais stop. Il y a donc une forme de répétition. J'ai confié mes craintes vis à vis de ce comportement à vif sous le coup des émotions à la femme de mon père. Actuellement, mon père et sa femme estime que la situation est extrêmement grave et qu'il est urgent de consulter sinon je serai violente envers notre futur enfant. Pourriez vous me donner votre analyse de la situation. En vous remerciant chaleureusement.

Notre réponse

Bonjour Madame,

Avant toute chose, nous souhaitons souligner la démarche courageuse et responsable que vous avez entreprise en écrivant sur notre site.

Vous nous faites part de deux situations où vous avez eu recours à la violence physique à l’encontre de votre conjoint, en utilisant la baffe, ce qui s’apparente à la deuxième étape du cycle de la violence (la première étant la montée de la tension, l’accumulation du mécontentement…). Lorsqu’il est enclenché, ce cycle a tendance à s’accélérer et s’intensifier avec le temps, les types de violences pouvant se multiplier et devenir plus graves.

Toutefois, il est important de noter que dans la situation que vous nous décrivez, la contribution à cette dynamique est mutuelle. Vous nous parlez d’une situation similaire qui a eu lieu précédemment. Dans ces deux cas, vous nous expliquez avoir clairement posé vos limites dans un premier temps, limites que votre conjoint n’a pas respectées. Par ce geste, vous lui signifiez donc qu’il est allé trop loin. De ce cas, la contribution à la dynamique de la violence est mutuelle : d’une part, par votre conjoint par le non-respect des limites posées et d’autre part, par vous-même avec l’acte de « la baffe », chacun étant responsable de ses actes.

Lorsque la tension monte, il serait important de pouvoir identifier et nommer les émotions qui vous envahissent. Lors du dernier épisode, s’agissait-il de honte (se faire dégrafer son soutien-gorge devant toute la table), de colère ? Pouvoir nommer les émotions ressenties peut devenir une forme d’alternative à la violence.

Vous nous dites également que vous en avez parlé à la femme de votre père, qui vous a conseillé de consulter. En effet, comme nous l’avons dit plus haut, la violence peut s’intensifier avec le temps. Cela ne veut pas dire que vous serez nécessairement violent avec votre enfant à venir, mais sachez qu’un enfant exposé aux violences conjugales, même s’il n’est que témoin et pas directement visé, est déjà en situation de souffrance. Cela peut constituer un danger pour son développement.

Au vu des différents éléments mentionnés ci-dessus, nous vous encourageons à ne pas rester seule et continuer vos démarches auprès de spécialistes. D’autant plus que la naissance d’un enfant est propice à des tensions supplémentaires.

Dans le canton de Vaud, il existe à Lausanne le Centre Prévention de l’Ale, qui propose des consultations pour les personnes ayant recours à la violence au sein du couple et de la famille. Les professionnel?le?s pourront vous aider à identifier des stratégies vous permettant de trouver des alternatives à la violence. Vous pouvez prendre contact au 021 321 24 00. La première consultation est gratuite. Si votre conjoint est intéressé, et que vous y voyez du sens, la Fondation MalleyPrairie propose des consultations pour les couples. Ils sont atteignables au 021 620 76 76. Les deux démarches ne sont pas exclusives et peuvent donc se combiner.

En vous remerciant d’avoir pris l’initiative de nous écrire, nous espérons avoir pu apporter des pistes qui vous permettront de retrouver un équilibre qui vous convienne dans la relation à votre conjoint. Nous restons à disposition pour d’autres questions.

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