Répondre aux besoins

Rappelons-nous que la plupart des gens, avec un peu de soutien, peuvent surmonter bien des difficultés. Les victimes de violence elles-mêmes, malgré les apparences, ont de l’endurance et des ressources, qui les aident à survivre. Nous ne pouvons pas résoudre leur situation à leur place. Mais nous pouvons, selon nos moyens, les aider à utiliser leur énergie non plus pour tenir face à la violence mais pour en sortir.

Une victime a besoin de....

Se sentir en sécurité

La première priorité est d'assurer la sécurité de la victime et de ses enfants. Tant qu'elle se sentira en danger, il ne lui sera pas possible de concentrer son attention sur les solutions possibles.

Que faire?

  • Lui transmettre le plan d'urgence disponible sur ce site
  • Appeler la police en cas de danger
  • Lui proposer ou l’aider à trouver un lieu d'hébergement en sécurité

Recevoir des messages clairs

La victime tend à minimiser la situation, à se dire que ce n’est pas si grave. Souvent elle excuse son/sa partenaire, le/la défend ou s'estime même responsable de sa violence. Elle espère qu’en changeant, il/elle cessera ses comportements violents.

Que dire?

  • La violence est grave, elle atteint sa santé et le bien-être des enfants
  • Aucune raison ne justifie d’y recourir
  • L’auteur-e de violence est seul responsable de ses actes, c’est à lui de changer
  • Son partenaire a besoin de soutien extérieur pour arrêter ses comportements violents

Connaître ses droits

Les actes de violence sont des délits punis par la loi. Toutes les atteintes à l'intégrité de la partenaire sont poursuivies, qu’elles soient physiques, sexuelles ou psychiques (insultes, menaces, etc.). En cas de violence, la conjointe a des droits, notamment celui de quitter le domicile conjugal et d'emmener les enfants avec elle. La partie « que dit la loi » vous renseignera.

Que faire?

  • Dites-lui que la violence est interdite par la loi
  • Dites-lui que la victime a des droits (quitter le domicile conjugal notamment)
  • Donnez-lui l’adresse du centre LAVI qui aide toute personne victime d'infraction, même sans permis de séjour valable, ou celle du centre d'accueil pour femmes violentées de sa région.

Sortir de l'isolement

Sous la pression de son partenaire ou parce qu'elle veut cacher sa situation, la victime s'éloigne peu à peu de sa famille, de ses amis. Son entourage est gêné ou craint les représailles. Il ne sait que faire. Cet isolement est particulièrement dangereux, car la perte de repères extérieurs favorise l'emprise du partenaire. La victime se sent piégée dans la relation, impuissante à faire évoluer sa situation. Elle a le sentiment que personne ne peut la comprendre et se sent seule.

Que faire?

  • Appelez pour avoir de ses nouvelles, encouragez-la à parler
  • Soyez disponible pour elle, proposez de la voir, sans la présence de son partenaire
  • Dites-lui qu'elle n'est pas seule, qu'elle peut être aidée (elle sera plus particulièrement réceptive à votre message à la suite d'un épisode de violence)
  • Parlez-lui de violencequefaire.ch afin qu’elle puisse se confier anonymement à des professionnel·le·s
  • Donnez-lui les adresses des services d’aide
  • Encouragez-la à voir ses proches afin d'être moins isolée

Aller à son rythme, selon ses besoins

Nous pouvons informer la victime des alternatives à la violence et discuter avec elle des options possibles. Il est nécessaire ensuite de lui laisser du temps, de ne pas la pousser à quoi que ce soit. La victime doit identifier ses propres besoins pour reprendre le contrôle de sa vie. Il lui faut pouvoir compter sur une présence respectueuse de ses choix et de son rythme. Les mouvements d’aller-retour vers le partenaire peuvent nous désemparer, mais ils font partie du processus.

Que faire?

  • Ne lui dites pas d'oublier ou de passer à autre chose
  • Aidez-la à identifier ses besoins
  • Rappelez-vous que vous ne savez pas mieux qu'elle ce dont elle a besoin
  • Montrez-vous patient·e
  • Continuez de la soutenir même si elle est retournée auprès de son partenaire
  • Ne pensez pas que vous avez tout essayé et qu'elle ne voudra jamais le quitter

Garder des preuves

Même si la victime n'envisage pas de dénoncer son/sa partenaire à la justice, elle pourrait changer d'avis dans le futur. Garder des preuves pourra dans ce cas lui être utile.

Que lui conseiller?

  • Consigner précisément les faits de violence, y compris les menaces, et les dater.
  • Demander que la ou le médecin établisse un constat médical complet décrivant les lésions physiques éventuelles et l'état psychique de la victime.
  • Photographier, dans la mesure du possible, les conséquences des actes de violence (hématomes, plaies, dégâts matériels, taches de sang, etc.).
  • Conserver les preuves matérielles telles que les habits déchirés ou tachés, les messages ou sms laissés.