COMMENT LES PROTEGER

Le fait d’entendre des cris, de voir la détresse de leur mère ou d'assister directement à des scènes de violence affecte les enfants. Ils vivent dans un climat de peur et d’insécurité. Même s'ils ne l'expriment pas clairement, ils sont fragilisés voire traumatisés par ce que vivent leurs parents et doivent être protégés.

Les enfants souffrent

Les enfants vivant dans un contexte de violence conjugale ne sont jamais épargnés. Leur détresse peut s'exprimer de différentes façons selon leur âge: pipi au lit, troubles du sommeil ou de l'alimentation, maux de ventre, de tête, pleurs, agitation, agressivité, repli sur soi, difficultés d’apprentissage, etc. Souvent ils se sentent coupables de la violence. Ou ils voudraient intervenir et se chargent d'un rôle protecteur trop lourd à porter. Dans tous les cas, les enfants sont tristes, anxieux et désécurisés, sans que cela soit nécessairement visible (certains enfants exposés à la violence conjugale souffrent d'ailleurs d'hyperadaptation).

La violence affecte la relation mère-enfant

A force d'être dénigrées, les femmes victimes de violence perdent souvent confiance en leurs capacités parentales. En raison des chocs et du stress qu'elles vivent, elles peuvent aussi manquer de ressources pour répondre aux besoins de leurs enfants. Ou encore ressentir une forte irritabilité qui peut conduire à des débordements de colère et d'agressivité à l'égard de leurs enfants. Cela ne signifie pas qu'elles ne sont plus capables d'aimer leurs enfants et de prendre soin d'eux. C'est la violence subie dans leur couple qui entraîne cette situation.

Ne restez pas seule avec vos soucis

Si vous vous sentez démunie face à vos enfants, en perte de confiance et de repères, préoccupée par l'un ou l'autre aspect de vos relations, vous pouvez recevoir le soutien de professionnel·le·s expérimenté·e·s, ici même sur le site, anonymement, ou auprès des services d'aide spécialisés (voir adresses utiles).

Parlez avec vos enfants

Brisez le silence. Parlez de la situation avec vos enfants. Expliquez-leur qu’ils n’en sont pas responsables. Assurez-vous qu'ils aient des activités extérieures, afin d'avoir des moments de répit à l'écart des tensions. Elaborez avec eux un plan de sécurité à suivre en cas de violence.

Vous devez protéger vos enfants

Face aux agressions qui règnent dans leur maison, vos enfants ont besoin de soutien et de protection. Vous n’êtes pas responsable de la violence de votre conjoint. Il vous appartient en revanche, tout comme à lui, d'agir pour le bien-être et la sécurité de vos enfants. Le Code civil suisse vous donne le droit de les séparer de leur père si vous avez subi des violences (art. 274).

Les ressources à disposition

Dans certains cantons, le service chargé de la protection des enfants pourra vous renseigner sur les moyens de protéger vos enfants. Le centre d'accueil pour femmes violentées de votre région pourra aussi vous conseiller. En cas d'hébergement en centre, vos enfants recevront une écoute et un soutien professionnels. S’ils rencontrent des difficultés à l’école, n’hésitez pas à informer leurs enseignant·e·s de la situation. Vous pouvez également contacter l’infirmier·ère scolaire, la ou le psychologue scolaire ou un·e pédiatre pour leur trouver un soutien adapté. adresses utiles

Rester pour les enfants n'est pas toujours le meilleur choix

Vivre dans une famille où règnent les agressions affecte la santé des enfants. Ils risquent aussi de développer un haut niveau de tolérance à la violence. La situation les amène à croire que la violence est un comportement acceptable, une façon de régler les conflits. Ne restez pas pour vos enfants ! En disant stop à la violence, vous rendez leur milieu de vie plus sain, moins hostile et vous posez des limites qui les structurent et les rassurent.

Si vous décidez de partir

Il n’est pas toujours possible de préparer vos enfants, en particulier s'ils risquent de dévoiler votre projet. Suite au départ, ils vivront peut-être des sentiments mitigés : soulagement de se trouver dans un endroit plus sûr et crainte liée à la perte des repères familiers, peur et colère à l'égard de leur père et manque de sa présence, culpabilité de l'avoir laissé, ressentiment pour vous qui les avez séparés, etc. Il est important de les aider à faire face aux bouleversements entraînés par la séparation. Expliquez-leur les raisons de votre décision et parlez avec eux de ce qu'ils ressentent. Le centre d'accueil pour femmes violentées de votre région peut vous aider à dialoguer avec vos enfants. adresses utiles