Le fait d’entendre des cris, de voir la détresse de leur mère ou d'assister directement à des scènes de violence affecte les enfants. Ils vivent dans un climat de peur et d’insécurité. Même s'ils ne l'expriment pas clairement, ils sont fragilisés voire traumatisés par ce que vivent leurs parents et doivent être protégés.
Les enfants vivant dans un contexte de violence conjugale ne sont jamais épargnés. Ils sont troublés face à ces éclats de violence imprévisibles et inexplicables. Le poids de ce "secret de famille" s’exprime par :
Les enfants ont tendance à beaucoup prendre sur eux. Ils se sentent souvent coupables de la violence et responsables d’améliorer la situation. Ils peuvent chercher à :
Les enfants peuvent réagir de différentes façons selon leur âge, la fréquence et la gravité des actes de violence. On peut notamment constater :
Les enfants petits, qui sont souvent dans les bras de leur mère, risquent eux-mêmes de recevoir des coups lorsqu’elle est attaquée.
En raison des traumatismes et du stress qu'elles vivent continuellement, les mères victimes de violence conjugale peuvent manquer de disponibilité et de ressources pour répondre aux besoins de leurs enfants. Il leur arrive aussi de ressentir une forte irritabilité qui les conduit parfois à des débordements de colère et d'agressivité à l'égard de leurs enfants. Cela ne veut pas dire qu'elles ne sont plus capables de les aimer et de prendre soin d'eux. C'est la violence subie au sein de leur couple qui conduit à cette situation.
Si vous connaissez une femme victime de violence qui se sent démunie face à ses enfants, en perte de confiance et de repères, parlez lui de violencequefaire.ch afin qu’elle puisse se confier anonymement à des professionnel·le·s. Donnez-lui également les adresses des services spécialisés qui pourront la soutenir dans sa réflexion (adresses utiles).
En vivant dans une famille où règnent les agressions, les enfants risquent de développer un haut niveau de tolérance à la violence. La situation les amène à croire que la violence est un comportement acceptable, une façon de régler les conflits.
Brisez le silence. Parlez de la situation avec lui. Expliquez-lui qu’il n’en est pas responsable. Proposez-lui si possible des activités extérieures, afin qu'il ait des moments de répit à l'écart des tensions. Expliquez-lui comment agir en cas de violence: se réfugier chez les voisin·e·s, leur demander d'appeler du secours.
Dans certains cantons, le service chargé de la protection des enfants pourra vous renseigner sur les moyens de protéger l'enfant. Vous pouvez aussi demander conseil à nos professionnel-le-s, ici même sur le site, anonymement, ou au centre d'accueil pour femmes violentées de votre région (adresses utiles).
Lucas, 6 ans
Mais moi, je t'ai vu être battue! Et je n'ai rien pu faire pour te protéger! (…) J'ai mal parce que je n'ai pas pu défendre ma maman!
Je n'en peux plus, maman ! Aujourd'hui, j'ai frappé mon meilleur ami avec une branche et il ne m'avait rien fait ! Je ne sais pas pourquoi j'ai fait ça, c'est mon meilleur ami!
Rios Julia, Le piège. La violence au quotidien, Cobédia, Morges, 2000