La violence dans le couple peut prendre différentes formes, qui apparaissent généralement progressivement et coexistent ensuite. Avec le temps, la violence devient plus grave et plus fréquente. Cette escalade peut prendre des années ou être très rapide.
La violence psychologique atteint la confiance en soi, l'identité personnelle et la force de vie de la personne. Elle inclut les propos dénigrants, méprisants, que le partenaire adresse parfois devant d’autres gens. Tout peut être rabaissé: les capacités intellectuelles, le physique, les proches, la façon d'élever les enfants, de tenir la maison, de faire la cuisine, de s'habiller… Les insultes, les injures et les humiliations en font également partie. Le partenaire peut aussi tout décider à la place de sa compagne, surveiller ses faits et gestes, la harceler de questions ou encore lui interdire de sortir, de voir des gens. La violence psychologique inclut les cris, les hurlements et les menaces, telles que couper les vivres, enlever les enfants, frapper sa compagne, la tuer, se suicider. Jamais anodine, la violence psychologique entraîne de graves dommages sur la santé de la victime.
La violence contre les objets et les animaux exerce un fort pouvoir d'intimidation. Le partenaire peut détruire les effets personnels de sa compagne, lancer ou casser des objets de la maison, taper dans les murs, dans les portes, blesser, frapper ou même tuer un animal domestique. Cette violence terrorise. Le partenaire fait craindre à sa compagne qu'il est capable d'aller plus loin. Des violences envers les enfants (humiliations, coups…) sont parfois commises aussi et mettent une forte pression sur leur mère.
La violence physique n'est pas toujours présente dans les situations de violence conjugale. Mais elle risque fort de se manifester avec le temps. Le partenaire devient alors brutal, passe aux coups, à la contrainte physique. Les actes de violence physique sont nombreux: retenir de force, empoigner, secouer, tordre le bras, pousser brutalement, mordre, pincer, gifler, donner des coups de poing ou de pied, frapper avec un objet, blesser avec une arme, brûler, étrangler, enfermer…
La violence sexuelle n'est pas rare : humiliations, sévices, contacts sexuels forcés, viol… Mais elle est la plus cachée des violences conjugales. Elle atteint la femme dans ce qu'elle a de plus intime. La plupart des victimes souffrent trop pour en parler.
La violence économique restreint l'autonomie financière de la partenaire. Elle diffère selon sa situation économique. Ce peut être l'empêcher de travailler, lui donner des montants insuffisants pour le ménage, contrôler ses dépenses au centime près, s'approprier son salaire, etc.
Dans la majorité des cas, avec le temps, les épisodes de violence sont de plus en plus rapprochés et les agressions de plus en plus graves. Si rien n’est entrepris, cette escalade peut aboutir à des blessures dangereuses pour la vie, des lésions irréversibles, voire à l’homicide de la partenaire. La violence peut aussi entraîner le suicide de l'un ou l'autre partenaire.
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Dans la réalité, il est impossible de faire une distinction entre violence psychologique et violence physique car, quand un homme tape sa femme, son intention n'est pas de lui mettre un œil au beurre noir, mais de lui montrer que c'est lui qui commande et qu'elle n'a qu'à bien se tenir.
Hirigoyen Marie-France, Femmes sous emprise, les ressorts de la violence dans le couple, Oh! Edition, 2005